Jérôme Kerviel durcit son attaque contre la Société générale

dimanche 3 juin 2012 09h36
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - L'ex-trader de la Société générale Jérôme Kerviel, condamné à trois ans de prison ferme en première instance pour une perte historique de 4,9 milliards d'euros subie par la banque en 2008, entend accuser de mensonge et manipulation son ancien employeur lors de son procès en appel à Paris.

La cour, qui examinera le dossier à partir de lundi et jusqu'à la fin du mois, devra dire dans son délibéré, sans doute à l'automne, si elle confirme la culpabilité du jeune homme de 34 ans et sa responsabilité civile. La défense plaide la relaxe.

Le premier jugement de 2010, suspendu par l'appel, lui a imposé de rembourser le préjudice, ce qui prendrait environ 180.000 ans en reversant tout son actuel salaire net mensuel de 2.300 euros de consultant informatique. Ceci fait de lui, selon son avocat, "l'homme le plus lourdement condamné de l'Histoire".

Les "incidents" de trading de ce style, alimentant les doutes et les critiques politiques contre les marchés, ont suscité des réglementations jusqu'ici sans grande portée.

La justice fait face à d'autres dossiers, à Paris où un ex-trader de la Caisse d'Epargne poursuivi pour une perte de 751 millions d'euros en 2008 attend son procès, comme à Londres où l'ex-trader d'UBS Kweku Adoboli, qui a perdu en septembre 2,3 milliards de dollars, plaide non coupable.

Le président français François Hollande entend imposer aux banques la séparation des activités de dépôt et de marché.

Malgré un changement d'avocat, David Koubbi remplaçant l'expérimenté Olivier Metzner, Jérôme Kerviel renforce sa ligne de défense consistant jusqu'ici à accuser sa hiérarchie d'avoir fermé les yeux sur son travail.

Il dit maintenant qu'elle en connaissait tout et a caché ce fait par des manipulations quand l'affaire a mal tourné.   Suite...

 
<p>L'ex-trader de la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;rale J&eacute;r&ocirc;me Kerviel, condamn&eacute; &agrave; trois ans de prison ferme en premi&egrave;re instance pour une perte historique de 4,9 milliards d'euros subie par la banque en 2008, entend accuser de mensonge et manipulation son ancien employeur lors de son proc&egrave;s en appel &agrave; Paris. /Photo prise le 27 avril 2012/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>