La réforme bancaire en toile de fond du 2e procès de Kerviel

samedi 2 juin 2012 09h54
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - C'est avec en toile de fond la volonté du gouvernement de réformer le système bancaire français que s'ouvre lundi le procès en appel de ex-trader de la Société générale Jérôme Kerviel.

Le président François Hollande, lors de la campagne électorale, a clairement dit sa volonté de renforcer la sécurité du système bancaire en séparant au niveau de chaque banque les activités de dépôts des activités de marché.

La crise de la zone euro, qui déstabilise les banques européennes comme l'illustre la déroute de l'espagnole Bankia et les révélations de pertes de trading chez le suisse UBS et l'américain JPMorgan Chase, prouvent pour beaucoup de spécialistes de la finance le besoin de réglementer et de réformer plus en profondeur le secteur.

"Il faut se souvenir qu'au moment de l'affaire Kerviel, toute la place de Paris disait que ce type de fraude aurait pu arriver chez n'importe qui d'autre", remarque Christophe Nijdam, analyste financier chez Alphavalue.

"S'il n'est pas possible de protéger une banque d'une telle fraude dans les activités de marché, il devient d'autant plus urgent de séparer ces activités de marché de la banque de dépôts", poursuit-il. L'affaire Kerviel "apporte de l'eau au moulin présidentiel".

Les Etats-Unis, avec la règle Volcker, et la Grande-Bretagne, avec la norme Vickers, ont déjà engagé des réformes pour sécuriser les établissements bancaires. Et le président Barack Obama, après la perte de trading de JPMorgan, a insisté sur la nécessité d'accentuer la réforme de Wall Street.

"UNE TACHE"

En France, l'idée sous-jacente du projet socialiste consiste à priver les banques de l'aide implicite de l'Etat en cas de faillite ou des graves difficultés, si ces établissements ont des activités de marché sans lien direct avec le financement de l'économie réelle.   Suite...

 
<p>C'est avec en toile de fond la volont&eacute; du gouvernement de r&eacute;former le syst&egrave;me bancaire fran&ccedil;ais que s'ouvre lundi le proc&egrave;s en appel de ex-trader de la Soci&eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;rale J&eacute;r&ocirc;me Kerviel. La crise de la zone euro, qui d&eacute;stabilise les banques europ&eacute;ennes comme l'illustre la d&eacute;route de Bankia et les r&eacute;v&eacute;lations de pertes de trading chez UBS et JPMorgan Chase, prouvent pour beaucoup de sp&eacute;cialistes de la finance le besoin de r&eacute;glementer et de r&eacute;former plus en profondeur le secteur. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid</p>