Gourgeon conserve sa prime, rejetée en AG d'Air France-KLM

jeudi 31 mai 2012 18h54
 

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Les actionnaires d'Air France-KLM ont refusé jeudi massivement d'avaliser la prime de non-concurrence versée à l'ancien directeur général du groupe, qui peut toutefois juridiquement conserver cette indemnité très controversée au moment où l'entreprise est dans la tourmente.

L'indemnité de 400.000 euros versée à Pierre-Henri Gourgeon après son éviction en octobre 2011, en échange du respect d'une clause de non-concurrence pendant trois ans, a alimenté la polémique alors que le nouveau gouvernement veut limiter les rémunérations des patrons des entreprises publiques.

L'Etat français, qui détient 15,9% du deuxième groupe aérien européen, a voté contre cette résolution, rejetée à 78,80% des suffrages. Cette prime s'ajoute à une indemnité de départ de 1,125 million d'euros.

Jean-Cyril Spinetta, PDG d'Air France-KLM, a défendu devant les actionnaires réunis pendant près de quatre heures dans une salle comble au Carrousel du Louvre le bien-fondé de cette prime de non-concurrence, expliquant qu'elle servait à protéger le groupe - même s'il s'est engagé solennellement à ne pas en réclamer une pour lui-même.

"Ce qui a été en débat (...), ce n'est pas tant le principe de cette clause de non-concurrence que le conseil juge incontestable, c'est la contradiction entre les sommes à un moment où l'entreprise traverse une période difficile et est confrontée à un plan de transformation important", a expliqué Jean-Cyril Spinetta.

Air France-KLM vient d'entrer dans la phase la plus délicate de son plan visant à économiser deux milliards d'euros d'ici fin 2014 : convaincre les syndicats d'accepter un probable plan de départs volontaires chez Air France, plus mal en point que sa jumelle néerlandaise KLM.

MORALE

Pierre-Henri Gourgeon a été approché par plusieurs compagnies aériennes, notamment du Golfe, mais a demandé à son ancien employeur si ces propositions étaient compatibles avec sa clause de non-concurrence, a précisé Jean-Cyril Spinetta.   Suite...

 
<p>Les actionnaires d'Air France-KLM ont refus&eacute; jeudi massivement d'avaliser la prime de non-concurrence vers&eacute;e &agrave; l'ancien directeur g&eacute;n&eacute;ral du groupe, Pierre-Henri Gourgeon, qui peut toutefois juridiquement conserver cette indemnit&eacute; tr&egrave;s controvers&eacute;e au moment o&ugrave; l'entreprise est dans la tourmente. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>