Areva prêt à concurrencer Atmea 1 avec les Chinois

mercredi 30 mai 2012 13h19
 

par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS (Reuters) - Areva est prêt à envisager un nouveau réacteur franco-chinois de 1.000 mégawatts (MW) qui serait développé sur les mêmes bases que son modèle actuel d'Atmea 1 quitte à concurrencer celui-ci, a déclaré Claude Jaouen, directeur de l'activité réacteurs et services du groupe public.

Un accord sur le sujet avec les opérateurs EDF et le chinois CGNPC, pour lequel Areva souhaite une décision avant la fin 2012, devra toutefois passer impérativement par un accès au marché chinois, a-t-il ajouté.

Conçu par Areva et le japonais Mitsubishi Heavy Industries à partir de l'EPR - le réacteur vedette de 1.650 MW estimé à six milliards d'euros en France -, l'Atmea vise à répondre aux besoins de pays dont le réseau n'accepte pas de fortes puissances et à ceux qui affichent leur préférence pour des modèles de puissances moyenne, donc moins coûteux.

Ce modèle est en lice avec le réacteur du russe Atomstroyexport pour la construction d'une première centrale nucléaire d'une puissance de 1.000 mégawatts en Jordanie, un dossier sur lequel Areva espère une décision finale de technologie d'ici à la fin de l'année.

"Si le nouveau produit ou si l'évolution du produit que l'on trace correspond à une ouverture claire du marché chinois, à un retour industriel sérieux pour nous et à l'aval de deux grands opérateurs qui s'appellent EDF et CGNPC, je n'ai aucun état d'âme à 'cannibaliser' Atmea 1, et MHI non plus. Ça se mesurera en termes de marché, d'ouverture et de retour pour nous", a déclaré Claude Jaouen lors d'un entretien accordé à Reuters.

"LE MOINS CHER POSSIBLE"

"Les choses doivent être claires d'ici à la fin de l'année. Il n'y a pas le choix : entre-temps, le programme chinois sera probablement en train d'être annoncé ou aura été annoncé. Après, on y est ou on n'y est pas. On est en train de vivre des moments importants et il faut qu'on ait impérativement fixé notre stratégie définitive sur le sujet (...) d'ici à la fin de l'année", a-t-il ajouté.

Pour le directeur de l'activité réacteurs et services, l'accès au marché chinois est "un impératif" qui permettrait au groupe public de rattraper une partie de son retard sur l'AP1000 de Westinghouse, filiale de Toshiba, choisi par la Chine en 2006 comme modèle de 3ème génération de référence.   Suite...