Les Européens du Sud fortunés placent leur argent au Nord

lundi 28 mai 2012 14h36
 

par Chris Vellacott et George Georgiopoulos

LONDRES/ATHENES (Reuters) - Les incertitudes qui planent sur la vie politique et le maintien de l'euro en Grèce conduisent des riches du Sud de l'Europe à suivre l'exemple de Nikos, prospère homme d'affaires grec dans l'industrie pharmaceutique qui a transféré sept millions d'euros dans une banque luxembourgeoise.

"J'ai travaillé dur durant toute ma vie et pris pas mal de risques lors de ma carrière. Aujourd'hui j'ai 62 ans et je ne veux pas prendre le risque de voir mon argent se métamorphoser en drachmes", explique-t-il.

"La plupart des Grecs veulent rester dans l'euro, c'est en tout cas ce que montrent les sondages, mais on n'est jamais trop prudent", plaide-t-il.

La décision de Nikos de placer ses capitaux dans un pays "sûr" de la zone euro reflète une tendance qui apparaît chez les personnes fortunées des pays du sud de l'Europe, touchés de plein fouet par la crise de la dette.

Si les Grecs redoutent une dévaluation de leurs avoirs, les Espagnols et les Portugais s'interrogent davantage sur la santé de leurs banques, les conduisant à envoyer leurs capitaux dans les banques du nord de l'Europe.

Pourtant, en confiant une partie de son argent à une banque suisse, Nikos se voit offrir des intérêts bien moindres que ceux proposés par sa banque grecque. Mais il dit pouvoir à présent dormir sur ses deux oreilles.

Les conseillers financiers et les banquiers, dont les clients possèdent des comptes dépassant les 100.000 euros garantis, font état depuis mai d'un "bank run by wire transfer" (déplacement précipité des capitaux par informatique). Cet argent a pris la route des banques du Nord, notamment à Londres, Francfort et Genève.

"C'est quelque chose que l'on voit depuis quelque temps déjà mais on constate une accélération du rythme ces dernières semaines. Nous assistons à un 'bank run by wire transfer' continu de 2-3 ans", souligne Lorne Baring, directeur de B Capital, une société basée à Genève spécialisée dans le placement des fonds.   Suite...

 
<p>Les incertitudes qui planent sur la vie politique et le maintien de l'euro en Gr&egrave;ce conduisent des riches du Sud de l'Europe -non seulement en Gr&egrave;ce mais aussi en Espagne et au Portugal- &agrave; transf&eacute;rer leurs capitaux dans des banques du nord de l'Europe, jug&eacute;es plus "s&ucirc;res". /Photo d'archives/REUTERS/Heinz-Peter Bader</p>