Pour les USA, la Chine doit encore laisser s'apprécier le yuan

vendredi 25 mai 2012 18h11
 

par Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis ont estimé vendredi que la Chine ne manipulait pas sa devise pour en tirer un avantage commercial injuste, mais que le gouvernement chinois devait engager des réformes dans le domaine des changes car le yuan restait "significativement sous-évalué".

De nombreux élus américains estiment que la Chine a obtenu un avantage compétitif sur les industriels américains en maintenant le yuan à un niveau bas pour soutenir ses exportations. Mitt Romney, le probable candidat républicain à la présidentielle américaine, a promis s'il est élu d'accuser officiellement la Chine de manipuler sa devise dès son premier jour à la Maison blanche.

Dans son rapport semestriel, le Trésor américain estime que stigmatiser la Chine comme manipulatrice n'est pas justifié. Il met en avant la hausse du yuan contre le dollar, la baisse de l'excédent commercial chinois et les engagements pris par Pékin à poursuivre ses réformes en matière de changes.

Le Trésor américain estime toutefois que ces progrès sont insuffisants et que la Chine doit prendre de nouvelles mesures pour laisser le renmimbi (RMB) s'apprécier.

"Les informations disponibles suggèrent que le RMB reste significativement sous-évalué", lit-on dans le communiqué accompagnant le rapport transmis au Congrès. Il s'agit, dit le communiqué, de procéder à des changements "permettant une souplesse accrue du taux de change."

Le RMB doit encore s'apprécier contre le dollar et les grandes devises, estime le rapport.

Le yuan s'est apprécié de 8% contre le billet vert depuis juin 2010, quand la Chine a supprimé son arrimage au dollar, mais il a été "pratiquement stable" en 2012, souligne le Trésor.

Si la Chine était qualifiée de pays manipulant sa devise, la portée en serait de toute façon surtout symbolique. Washington aurait alors été tenu d'ouvrir des discussion avec Pékin pour ajuster la valeur du yuan. Or, ce processus est déjà en cours et montre des progrès.

Pékin a été qualifié cinq fois de "manipulateur de sa devise" entre mai 1992 et juillet 1994. Depuis, aucun pays n'a été montré du doigt de cette manière. Pendant l'essentiel des deux années où la Chine y a eu droit, le pays opérait avec deux taux de change. Il les a ensuite unifiés en janvier 1994 dans le cadre de ses efforts pour passer à une "une économie socialiste de marché".

Jason Lange, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Guillaume

 
<p>Les Etats-Unis estiment que la Chine ne manipule pas sa devise pour en tirer un avantage commercial injuste mais que le gouvernement chinois doit engager des r&eacute;formes dans le domaine des changes car le yuan reste "significativement sous-&eacute;valu&eacute;". /Photo d'archives/REUTERS/Petar Kujundzic</p>