La dette de l'Espagne de plus en plus détenue par ses banques

vendredi 25 mai 2012 14h15
 

MADRID (Reuters) - Les banques espagnoles ont encore accru leurs avoirs en dette souveraine de leur propre pays le mois dernier, confirmant une tendance déjà marquée qui rend le financement de la dette de l'Espagne de plus en plus dépendant d'établissements financiers eux-mêmes en situation délicate.

Abondamment pourvues en liquidités depuis cinq mois par la Banque centrale européenne (BCE), les banques espagnoles prennent ainsi le relais des investisseurs étrangers, qui réduisent leur exposition à l'Espagne de peur d'une contagion de la crise grecque.

Comme les italiennes, elle sont soumises à des pressions politiques pour souscrire aux emprunts émis par l'Etat, accentuant une interdépendance et leur exposition au risque de défaut de l'Etat.

Au total, les établissements de crédit espagnols détenaient pour 146,26 milliards d'euros de dette souveraine domestique en avril, soit 30% des obligations d'Etat espagnoles en circulation, contre 13% seulement un an plus tôt, montrent les statistiques publiées vendredi par le Trésor.

Les avoirs des non-résidents en obligations d'Etat sont parallèlement revenus à 188,55 milliards, soit 38% de l'encours, contre 54% en avril 2011.

En Italie, la dette publique était détenue en janvier à 37% par des investisseurs internationaux, contre 38% en décembre et plus de 40% en août dernier.

Les banques espagnoles et italiennes utilisent les liquidités bon marché distribuées en masse par la BCE lors de ses opérations exceptionnelles de refinancement à long terme (LTRO) de décembre et février pour acheter des obligations d'Etat dont les rendements ont nettement augmenté.

L'obligation de référence espagnole à 10 ans affiche un rendement de 6,2% vendredi, l'italienne s'affichant à 5,7%.

Sonya Dowsett, Marc Angrand pour le service français, édité par Danielle Rouquié