Les euro-obligations sont une illusion, selon Jens Weidmann

vendredi 25 mai 2012 11h52
 

PARIS (Reuters) - L'idée selon laquelle le lancement d'euro-obligations stimulerait la croissance est une illusion, estime Jens Weidmann, président de la Bundesbank, qui adresse une fin de non-recevoir à toutes les revendications de François Hollande.

"Croire que les Eurobonds résoudront la crise actuelle est une illusion", dit ce membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne dans une interview publiée vendredi par Le Monde. "Ce ne peut être que l'aboutissement d'un processus long, qui nécessite entre autres de changer la Constitution dans plusieurs Etats, de modifier les traités, d'avoir davantage d'union budgétaire."

"On ne confie pas sa carte de crédit à quelqu'un si on n'a pas la possibilité de contrôler ses dépenses", ajoute-t-il.

François Hollande plaide pour une mutualisation de la dette par le biais d'euro-obligations, mais il s'oppose à un net refus de la chancelière allemande Angela Merkel.

Pour le président de la Bundesbank, "une communautarisation de dettes n'est pas l'outil adapté pour favoriser la croissance : cela poserait des problèmes tant légaux qu'économiques. Je ne crois pas qu'on aura du succès en essayant de résoudre la crise de la dette avec encore plus de dette en dehors des budgets réguliers."

La croissance "passe par des réformes structurelles", insiste-t-il en se disant "irrité" par l'apparition d'"idées géniales qui surgissent pour contrer la crise", comme les euro-projets défendus également par le nouveau président français.

Dans l'esprit de François Hollande, l'Union européenne émettrait ainsi des euro-obligations pour financer des grands projets d'infrastructure, cette idée faisant d'ailleurs consensus au sein des Vingt-sept.

ARRÊT DE L'AIDE À LA GRÈCE ?

"Outre les problèmes de financement, je ne suis pas sûr que ce soit avant tout un manque d'infrastructures qui freine la croissance dans ces pays. Je n'ai pas encore vu d'analyse sérieuse à ce sujet", tranche Jens Weidmann.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident de la Bundesbank, Jens Weidmann, estime que l'id&eacute;e selon laquelle le lancement d'euro-obligations stimulerait la croissance est une illusion. /Photo prise le 16 avril 2012/REUTERS/Kai Pfaffenbach</p>