Colère des actionnaires de CASA face aux pertes en Grèce

mardi 22 mai 2012 13h49
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les dirigeants du Crédit agricole SA (CASA) ont affronté mardi la colère et l'exaspération des actionnaires devant les pertes enregistrées par la banque en Grèce et le plongeon de son cours de Bourse depuis l'été dernier.

Réunis en assemblée générale au Carrousel du Louvre, à Paris, plusieurs actionnaires ont critiqué la stratégie de développement suivie par le Crédit agricole dans les années 2000 à l'international, avec le rachat en Grèce d'Emporiki en 2006 et des prises de participations en Espagne et au Portugal qui plombent les comptes du groupe bancaire.

"Vous êtes en train de prendre le même chemin de faillite que Dexia", a dénoncé un actionnaire en faisant allusion à la perte de 1,47 milliard d'euros subie par la banque en 2011.

Evoquant à propos d'Emporiki un "fiasco" et un "puits sans fond", un autre actionnaire a pris à partie les dirigeants de CASA sur le rachat d'Emporiki. "C'est une erreur de gestion ; il faut l'assumer", a-t-il dit.

Rappelant que la crise grecque a coûté 2,4 milliards d'euros en 2011, le directeur général de la banque Jean-Paul Chifflet s'est tant bien que mal efforcé de rassurer les actionnaires, tout en reconnaissant que la Grèce était un "sujet majeur" pour le groupe.

"La crise grecque coûte douloureusement au groupe Crédit agricole", a-t-il dit. "Les caps seront passés. Nous faisons le ménage (...), nous préparons l'avenir."

"Cela ne se fera pas en un seul jour", a-t-il ajouté à propos du redressement de la situation en Grèce et du cours de l'action.

Jean-Paul Chifflet a déclaré à cette occasion que le Crédit agricole avait de nouveau demandé aux autorités grecques qu'Emporiki puisse bénéficier du dispositif public grec d'accès à la liquidité bancaire.   Suite...

 
<p>Jean-Marie Sander, pr&eacute;sident du Cr&eacute;dit agricole SA, lors de l'assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de la banque, &agrave; Paris. Les actionnaires ont exprim&eacute; leur col&egrave;re et leur exasp&eacute;ration devant les pertes enregistr&eacute;es par le groupe en Gr&egrave;ce. /Photo prise le 22 mai 2012/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>