L'Espagne coincée entre récession et crise bancaire

vendredi 18 mai 2012 07h34
 

par Carlos Ruano et Julien Toyer

MADRID (Reuters) - Les coûts de financement que doit supporter l'Espagne ont fortement augmenté lors d'une adjudication jeudi, journée également marquée par l'effondrement de Bankia en Bourse et par l'abaissement par Moody's de la note de 16 autres banques espagnoles.

Des données officielles ont confirmé que l'économie espagnole était retombée en récession et un article de presse a évoqué des retraits massifs auprès de Bankia, la quatrième banque du pays, mais Madrid a dit avoir pris une mesure clé pour restaurer sa crédibilité sur les marchés en annonçant que ses régions autonomes s'engageaient à réaliser d'importantes économies budgétaires.

Moody's a cependant abaissé dans la soirée la note de 16 banques espagnoles, dont Santander, la plus grande de la zone euro, évoquant la capacité réduite de Madrid à apporter un soutien financier à plusieurs d'entre elles.

Les banques espagnoles, empoisonnées par des créances douteuses nées de l'éclatement de la bulle immobilière, sont au coeur de la crise de la dette en zone euro, les investisseurs redoutant que le sauvetage massif du secteur ne plombe davantage l'Etat espagnol, déjà très endetté.

Dans la matinée, le Trésor espagnol a dû consentir à verser un rendement autour de 5% pour placer des obligations à trois et à quatre ans, avec notamment un rendement moyen de 5,106% pour un titre arrivant à échéance en avril 2016, contre 3,374% lors de la dernière opération similaire en mars.

"Cette tendance défavorable semble s'être bien installée. Au bout du compte, ce renchérissement du rendement risque d'entraîner une forme d'intervention extérieure", estime Richard McGuire, analyste taux chez Rabobank.

Mercredi, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a déclaré que le gouvernement pourrait bientôt éprouver des difficultés à se financer à des niveaux acceptables.

Sur le marché secondaire, le rendement des obligations espagnoles à dix ans, autour de 6,3%, n'est plus si loin du niveau des 7% qui a déclenché les aides apportées à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal.   Suite...

 
<p>L'&eacute;conomie espagnole s'est contract&eacute;e de 0,3% au premier trimestre 2012 par rapport aux trois derniers mois de 2011. /Photo d'archives/REUTERS/Andrea Comas</p>