L'Espagne coincée entre récession et crise bancaire

jeudi 17 mai 2012 22h04
 

par Sonya Dowsett et Paul Day

MADRID (Reuters) - Les coûts de financement que doit supporter l'Espagne ont fortement augmenté lors d'une adjudication intervenue jeudi, journée également marquée par la confirmation que le pays est retombé en récession et par un article de presse évoquant des retraits de dépôts massifs auprès de la quatrième banque espagnole.

Le Trésor espagnol a dû consentir à verser un rendement autour de 5% pour placer des obligations à trois et à quatre ans, avec notamment un rendement moyen de 5,106% pour un titre arrivant à échéance en avril 2016, contre 3,374% lors de la dernière opération similaire en mars.

"Cette tendance défavorable semble s'être bien installée. Au bout du compte, ce renchérissement du rendement risque d'entraîner une forme d'intervention extérieure", estime Richard McGuire, analyste taux chez Rabobank.

Mercredi, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a déclaré que le gouvernement pourrait bientôt éprouver des difficultés à se financer à des niveaux acceptables.

Sur le marché secondaire, le rendement des obligations espagnoles à dix ans, autour de 6,3%, n'est plus si loin du niveau des 7% qui a déclenché les aides apportées à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal.

Madrid peut toutefois se prévaloir d'une bonne nouvelle intervenue en début de soirée : les 17 régions autonomes d'Espagne, à l'origine d'environ la moitié des dépenses publiques du pays, se sont engagées à réduire leurs dépenses de quelque 13 milliards d'euros et à augmenter leurs recettes de 5 milliards cette année.

Au terme de plusieurs semaines de négociations, le Trésor espagnol a approuvé les projets de budget présentés par les régions, à l'exception de celui de la région des Asturies, dans le nord-ouest du pays, qui devra présenter un nouveau budget dans les 15 jours.

En plus des difficultés actuelles des banques, l'endettement des régions est considéré comme l'autre principal facteur de risque pour l'Espagne, que certains voient déjà comme une des prochaines victimes de la crise de la dette de la zone euro.   Suite...

 
<p>L'&eacute;conomie espagnole s'est contract&eacute;e de 0,3% au premier trimestre 2012 par rapport aux trois derniers mois de 2011. /Photo d'archives/REUTERS/Andrea Comas</p>