May 16, 2012 / 6:48 AM / 5 years ago

L'internationalisation du CAC 40 soutient l'activité

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Le chiffre d'affaires cumul&eacute; des entreprises de l'indice CAC 40 a enregistr&eacute; une croissance sup&eacute;rieure aux attentes des analystes au premier trimestre 2012, soutenu par la capacit&eacute; des entreprises fran&ccedil;aises &agrave; exporter en dehors de la zone euro, march&eacute;s &eacute;mergents et Etats-Unis en t&ecirc;te. /Photo d'archives/Charles Platiau</p>

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Le chiffre d'affaires cumulé des entreprises de l'indice CAC 40 a enregistré une croissance supérieure aux attentes des analystes au premier trimestre 2012, soutenu par la capacité des entreprises françaises à exporter en dehors de la zone euro, marchés émergents et Etats-Unis en tête.

Les analystes saluent dans leur ensemble les publications trimestrielles, achevées mercredi avec les résultats d'EADS, tout en observant la prudence des perspectives affichées par les sociétés pour le reste de l'année étant donné les incertitudes entourant l'environnement politique et économique de la zone euro.

Sur les 40 valeurs de l'indice phare de la place parisienne, près des trois-quarts des groupes ont fait état d'une activité supérieure à celle attendue par le marché, seules 11 publications étant ressorties en dessous des estimations du consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

"Les groupes les plus internationalisés à l'image du secteur du luxe (PPR, LVMH) ont été ceux qui ont le plus agréablement surpris", commente Eric Turjeman, responsable de l'expertise actions chez Amundi. Il relève que depuis plus de deux ans, les publications trimestrielles n'ont pas été suivies de révisions à la baisse des prévisions d'analystes.

"Mais la nouveauté c'est qu'il ne s'agit pas uniquement des sociétés dont la croissance est tirée par les pays émergents, ce sont aussi celles dont l'activité aux Etats-Unis s'est bien tenue comme L'Oréal, Lafarge ou Capgemini", précise-t-il.

DÉCOUPLAGE CROISSANT ENTRE LES USA ET L'EUROPE

Sous le feu des projecteurs avec la crise de la dette, les banques ont souffert de la situation financière des pays de la zone euro alors que le secteur est engagé en Europe dans des programmes de réduction de la taille des bilans et de renforcement de la solidité financière afin de satisfaire à la réglementation Bâle III.

BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole ont ainsi publié une activité cumulée en recul de 8,4%, à milliards d'euros, un niveau cependant proche des attentes du marché.

Les déceptions sont venues pour la plupart des groupes les plus exposés au ralentissement de la croissance des pays émergents, comme le secteur des produits de base ou les valeurs technologiques, ces dernières subissant également la concurrence des groupes asiatiques bien mieux armés, relèvent les analystes.

"Il n'y a pas eu tant de surprises que cela dans la mesure où les analystes ont significativement révisé à la baisse leurs estimations en amont depuis le début de l'année", explique Benoît Peloille, stratégiste chez Natixis.

"C'est une différence avec les Etats-Unis, où 70% des sociétés américaines ont fait mieux qu'attendu alors que les analystes n'avaient pas vraiment modifié leurs estimations auparavant", ajoute-t-il, soulignant le découplage à l'oeuvre entre les Etats-Unis et l'Europe.

L'économie américaine, qui montre des signes d'amélioration de ses marchés de l'emploi et de l'immobilier, est attendue en croissance de 2,3% cette année et de 2,4% en 2013, contre respectivement -0,3% et +0,9% pour la zone euro, selon le consensus Reuters.

"En revanche, en matière de perspectives, les directions sont plutôt prudentes étant donné le poids du contexte macroéconomique et de la politique malgré un carnet de commandes bien rempli dans certains cas. Les gens sont quand même préoccupés", estime Lionel Heurtin, gérant actions chez OFI AM.

"Les chefs d'entreprise ne sont pas particulièrement inquiets en tant que dirigeants par rapport à leur carnet de commandes, ils le sont comme citoyens étant donné les turbulences politiques en zone euro", relativise Eric Turjeman.

Si les bénéfices devraient néanmoins augmenter cette année et l'an prochain, Lionel Heurtin rappelle que les niveaux de marge des entreprises ont atteint leurs plus hauts historiques.

"La pression fiscale devrait augmenter avec les plans d'austérité et la volonté de limiter les prix de transfert et faire payer les impôts dans le pays où l'activité est réellement réalisée. On devrait assister à une augmentation des taux d'imposition effectifs dans les années qui viennent", assure-il.

Edité par Jean-Michel Bélot

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