Risque de nouvelles suppressions de postes dans les banques

mardi 15 mai 2012 16h43
 

par Christian Plumb

PARIS (Reuters) - Les banques françaises pourraient à nouveau être amenées à supprimer des milliers de postes pour faire face à une croissance économique au point mort dans la zone euro et se préparer à un nouveau tour de vis réglementaire, le président François Hollande souhaitant réformer le système bancaire dans l'Hexagone.

Déjà contraintes de réduire la taille de leur bilan en raison de la crise de la dette dans la zone euro, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale ont déjà lancé fin 2011 et début 2012 des plans de suppressions de postes, principalement dans la banque de financement et d'investissement (BFI) et dans le crédit à la consommation.

Déjà plus de 6.000 postes sont en passe d'être supprimés dans le secteur en France.

"Ils ont attendu jusqu'à l'élection (présidentielle) parce qu'ils ne voulaient pas s'aliéner leurs amis au sein de l'UMP", commente Stéphane Rambosson, associé gérant au sein du cabinet de chasseurs de têtes Veni Partners. "La plupart de ces dirigeants sont relativement proches de (Nicolas) Sarkozy et ils n'ont pas voulu avoir un effet négatif sur sa campagne."

Les banques ne sont pas les seuls grands groupes français menacés par des vagues de licenciements après la période électorale, qui s'achèvera après le deuxième tour des législatives le 17 juin. Les syndicats d'Air France-KLM, notamment, redoutent des réductions d'effectifs au sein de la compagnie aérienne dont l'objectif est de dégager deux milliards d'euros d'économies d'ici fin 2014 pour ramener la dette à 4,5 milliards d'euros.

D'autres secteurs comme l'automobile, confrontée à des surcapacités, et les opérateurs télécoms bousculés par l'arrivée de Free Mobile sont eux aussi menacés. Et les syndicats de Carrefour disent aussi redouter des réductions d'effectifs pouvant toucher entre 3.000 et 5.000 emplois.

LICENCIEMENTS "RÉGLEMENTAIRES"

Dans l'entourage de François Hollande, on indique d'ores et déjà que le nouveau gouvernement s'efforcera de pénaliser et de renchérir les coûts des licenciements qualifiés de "boursiers".   Suite...