Juncker défend farouchement le maintien de la Grèce dans l'euro

mardi 15 mai 2012 08h32
 

par Jan Strupczewski et Valentina Za

BRUXELLES (Reuters) - Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker s'en est pris lundi aux responsables évoquant de plus en plus ouvertement une sortie de la Grèce de la zone euro, en estimant que l'hypothèse relevait de la "propagande" et du "non-sens".

Au terme d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker s'est dit fermement opposé à cette idée, tout en rappelant Athènes à ses engagements.

Si la Grèce se dote d'un gouvernement et que ce gouvernement confirme la mise en oeuvre du programme d'austérité réclamé par ses créanciers internationaux, certains objectifs de ce programme pourraient être adoucis, a ajouté le Premier ministre luxembourgeois.

La Grèce est plongée dans la crise politique depuis les législatives du 6 mai, qui n'ont pas donné de majorité absolue aux deux grands partis signataires du mémorandum d'austérité, les conservateurs de Nouvelle Démocratie et les socialistes du Pasok. La Gauche radicale Syriza, arrivée deuxième du vote, refuse de rejoindre une coalition soutenant l'austérité, tout en disant vouloir le maintien d'Athènes dans l'eurozone.

Le président grec Karolos Papoulias a proposé lundi la formation d'un gouvernement de technocrates, mais Syriza a rejeté par avance l'hypothèse et beaucoup d'observateurs parient sur de nouvelles élections dès le mois prochain.

"Je n'envisage même pas une seconde une sortie de la Grèce de la zone euro. C'est un non-sens, c'est de la propagande", a déclaré Jean-Claude Juncker au cours d'une conférence de presse, fustigeant ceux qui menacent la Grèce d'une expulsion.

Au cours du week-end, deux responsables de la Banque centrale européenne, Luc Coene et Patrick Honohan, ont ouvertement évoqué la possibilité de voir la Grèce abandonner la monnaie unique et ils en ont conclu que cette hypothèse ne serait pas fatale pour la zone euro.

Mais les Européens ont aussi de bonnes raisons de maintenir Athènes à flot, à commencer par le fait que la BCE et les pays membres de la zone euro sont les principaux détenteurs de la dette grecque, qui serait effacée en cas de faillite.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, ici avec le ministre des Finances espagnol Luis de Guindos, a martel&eacute; lundi qu'il &eacute;tait oppos&eacute; &agrave; une sortie de la Gr&egrave;ce de la zone euro, tout en insistant pour qu'Ath&egrave;nes respecte ses engagements. /Photo prise le 14 mai 2012/REUTERS/Fran&ccedil;ois Lenoir</p>