L'automobile, 1er grand test industriel du président Hollande

lundi 14 mai 2012 13h11
 

par Laurence Frost

PARIS (Reuters) - En arrivant mardi à l'Elysée à bord d'une DS5, la dernière née de la gamme Citroën, François Hollande offre une jolie publicité à PSA, mais les relations pourraient se tendre à l'avenir avec un constructeur désireux de réduire ses capacités de production.

Comme l'ensemble du secteur automobile en Europe, PSA Peugeot Citroën est confronté à des surcapacités rendues plus criantes encore par l'effondrement du marché automobile européen au début de l'année. Le traitement de cette situation, et la question des fermetures d'usine, constituera le premier grand test industriel pour le nouveau président socialiste.

"L'état de grâce sera de très courte durée, si tant est qu'il y en ait un", commente Denis Ferrand, directeur général du think tank COE-Rexecode. "Le déclin de la compétitivité de l'industrie française est le principal dossier qui attend Hollande, et la question se pose tout particulièrement dans le secteur automobile."

La semaine précédant sa victoire à la présidentielle, François Hollande avait dit craindre que l'annonce de coupes dans les effectifs de certaines entreprises n'ait été différée à l'après-scrutin.

"Ce ne sera pas notre arrivée qui provoquera les plans sociaux. Nous devons dire à ces entreprises que nous ne les accepterons pas sans réagir", avait-t-il déclaré dans une interview au Parisien.

Dans l'automobile, l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) semble la plus menacée. PSA assure que le site, qui emploie 3.500 personnes, produira encore des voitures en 2014, mais le groupe refuse de s'engager au-delà et d'annoncer un modèle pour prendre la relève de la petite Citroën C3.

"Monsieur Hollande nous a donné sa parole", indique Bruno Lemerle, représentant CGT chez PSA. "On espère qu'il la tiendra et qu'il pèsera de tout son poids pour garantir l'avenir d'Aulnay."

"Il doit tenir les promesses qu'il a faites à ses électeurs sur l'emploi, tout en favorisant la compétitivité de champions nationaux", commente de son côté Michael Tyndall, analyste automobile chez Barclays Capital. "C'est quasiment mission impossible."   Suite...

 
<p>En arrivant mardi &agrave; l'Elys&eacute;e &agrave; bord d'une DS5, la derni&egrave;re n&eacute;e de la gamme Citro&euml;n, Fran&ccedil;ois Hollande offre une jolie publicit&eacute; &agrave; PSA, mais les relations pourraient se tendre &agrave; l'avenir avec un constructeur d&eacute;sireux de r&eacute;duire ses capacit&eacute;s de production. /Photo prise le 14 mai 2012/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>