Europe, stocks et financements plombent l'aviation d'affaires

lundi 14 mai 2012 10h08
 

par Cyril Altmeyer

GENEVE (Reuters) - Les incertitudes sur l'économie européenne, les stocks d'avions d'occasion sur le marché nord-américain et les difficultés d'accès au crédit empêchent le marché de l'aviation d'affaires de retrouver le rythme de croissance perdu depuis la crise de 2008.

Plusieurs constructeurs en ont fait l'amer constat à l'occasion du salon de l'aviation d'affaires Ebace qui se tient jusqu'à mercredi à Genève - "le quatrième d'affilée dans un contexte de crise", selon l'expression désabusée de Charles Edelstenne, le PDG de Dassault Aviation.

D'après l'Association générale des constructeurs d'avions (Gama), les ventes d'avions d'affaires ont encore reculé de 4,7% au premier trimestre à 122 unités.

"Ce qu'on surveille le plus en ce moment, ce sont les événements économiques qui se passent ici, entre la Grèce, l'Espagne et d'autres pays, parce que cela affecte les marchés mondiaux", a dit à Reuters Peter Bunce, président de Gama, citant également les élections passées en Europe et celle à venir en novembre aux Etats-Unis.

Pour Didier Brechemier, consultant au sein du cabinet Roland Berger, le marché de l'aviation d'affaires s'est un peu enlisé.

"Avant on avait des cycles très marqués - une baisse puis une forte hausse puis une hausse tous les 8-10 ans", explique-t-il. "Actuellement, on est un peu dans un U plutôt que dans un V et on a du mal à en sortir, surtout aux Etats-Unis et en Europe".

Aux Etats-Unis, la chute du marché a déjà fait une victime : Hawker Beechcraft, positionné sur le segment des avions moyens et légers dont les ventes ont plongé après la crise de 2008, a été placé le 3 mai sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

"Le marché des jets, dans nos segments qui ont fortement chuté, est au mieux en train de redémarrer doucement", a dit à Reuters Shawn Vick, directeur général adjoint de Hawker Beechcraft, qui peut néanmoins poursuivre son activité. "C'est un marché obstinément difficile".   Suite...