La réforme bancaire en Espagne déçoit les investisseurs

vendredi 11 mai 2012 17h59
 

par Julien Toyer et Jesús Aguado

MADRID (Reuters) - L'Espagne a imposé à ses banques d'augmenter leurs provisions pour se protéger des pertes croissantes sur leurs prêts toxiques dans l'immobilier, tout en s'engageant à apporter une aide limitée aux établissements en difficultés via des prêts à taux élevés.

La perception du risque de l'Espagne, mesuré par le spread (écart de taux) entre les obligations espagnoles et allemandes, a atteint un plus haut de séance à 456 points de base, alors que les actions chutaient, signe que les marchés n'ont pas été convaincus par cette nouvelle tentative pour sortir le pays de la crise financière qui sévit depuis quatre ans.

Vers 17h30, le spread se détendait quelque peu à 448,4.

Le gouvernement de centre droit de Mariano Rajoy a approuvé vendredi en conseil des ministres sa deuxième réforme du système bancaire depuis son arrivée aux affaires en décembre dernier.

Dans ce cadre, il a également ordonné un audit indépendant du portefeuille immobilier des banques du pays, conformément à ce que le l'Union européenne lui avait demandé.

Les banques ont jusqu'à la fin de l'année pour sortir leurs portefeuilles immobiliers de leurs bilans pour les placer dans des sociétés de gestion d'actifs, capable de liquider rapidement si besoin en était, a déclaré le ministre de l'Economie Luis de Guindos à la presse lors de la présentation des nouvelles mesures.

Les prêteurs doivent provisionner 30 milliards d'euros, en plus des 54 milliards exigés en février, afin de couvrir aussi bien leurs créances performantes que leurs prêts à risque.

Ceux qui ne pourront pas lever les fonds propres nécessaires bénéficieront de prêts à cinq ans à un taux d'intérêt de deux fois celui de la dette souveraine de même échéance.   Suite...

 
<p>Le ministre de l'Economie espagnol Luis de Guindos. L'Espagne a impos&eacute; &agrave; ses banques d'augmenter leurs provisions pour se prot&eacute;ger des pertes croissantes sur leurs pr&ecirc;ts toxiques dans l'immobilier, tout en s'engageant &agrave; apporter une aide limit&eacute;e aux &eacute;tablissements en difficult&eacute;s via des pr&ecirc;ts &agrave; taux &eacute;lev&eacute;s mais cette nouvelle tentative pour sortir le pays de la crise financi&egrave;re qui s&eacute;vit depuis quatre ans n'a pas convaincu les march&eacute;s. /Photo prise le 11 mai 2012/REUTERS/Juan Medina</p>