JPMorgan annonce une perte de trading de 2 milliards de dollars

vendredi 11 mai 2012 11h58
 

par David Henry et Rick Rothacker

NEW YORK (Reuters) - JPMorgan Chase & Co, la première banque américaine par l'actif, a reconnu avoir subi une perte de trading d'au moins deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros), conséquence d'une stratégie de couverture perdante, un aveu qui risque de ternir la réputation de la banque et de son PDG, mais aussi d'avoir des répercussions sur l'ensemble du secteur.

Vendredi, l'indice des valeurs bancaires européennes abandonne 1,3% en matinée, une baisse également alimentée par les inquiétudes liées à la crise de la dette en zone euro, plus particulièrement en Grèce et en Espagne.

"Ça tombe vraiment mal pour JPMorgan Chase et pour les banques en général au moment où le secteur tente de repousser les tentatives d'une plus grande régulation", commentent des analystes de Mediobanca.

JPMorgan s'était forgé ces dernières années une réputation solide en matière de gestion du risque, notamment en traversant la crise financière sans enregistrer la moindre perte.

L'annonce surprise de jeudi n'en est que plus embarrassante, pour le PDG du groupe, Jamie Dimon, qui n'a jamais manqué de critiquer la règle dite Volcker interdisant aux grandes banques toute opération pour compte propre.

"On a l'air ridicule", a reconnu Jamie Dimon jeudi soir lors d'une téléconférence avec des analystes organisée en toute hâte. Il a admis que la perte avait un lien avec un article publié en avril par le Wall Street Journal.

Cet article faisait référence à un trader français nommé Bruno Iksil, surnommé "London Whale" (la baleine londonienne), qui avait constitué une position énorme contre laquelle avaient parié des fonds spéculatifs. Le mois dernier, Jamie Dimon avait pourtant jugé que cette histoire n'était qu'une "tempête dans un verre d'eau".

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<p>Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase. La premi&egrave;re banque am&eacute;ricaine a annonc&eacute; jeudi une perte de trading de deux milliards de dollars cons&eacute;cutive &agrave; l'&eacute;chec d'une strat&eacute;gie de couverture, ce qui a contraint son m&eacute;diatique patron &agrave; pr&eacute;senter ses excuses. /Photo prise le 3 mai 2012/REUTERS/Keith Bedford</p>