Angela Merkel refuse une croissance à crédit

jeudi 10 mai 2012 15h18
 

par Stephen Brown

BERLIN (Reuters) - La chancelière Angela Merkel a clairement rejeté jeudi les appels à la rupture avec l'austérité lancés par la gauche européenne, estimant qu'une "croissance à crédit" plongerait l'Europe encore plus profondément dans la crise.

"La croissance par le biais de réformes structurelles est quelque chose de raisonnable, d'important et de nécessaire. Mais fonder la croissance sur le crédit ne ferait que nous ramener au début de la crise. C'est pourquoi nous ne devons pas le faire et que nous ne le ferons pas", a-t-elle dit dans un discours devant le Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand.

Le socialiste François Hollande, vainqueur de l'élection présidentielle française dimanche dernier face à Nicolas Sarkozy, effectuera la semaine prochaine sa première visite à l'étranger en tant que chef d'Etat en allant rencontrer Angela Merkel.

Il s'est prononcé lors de la campagne présidentielle en faveur d'un pacte de croissance qui devrait accompagner l'accord de discipline budgétaire approuvé par 25 des 27 pays de l'Union européenne et destiné à rétablir l'équilibre des finances publiques.

Face à l'opposition allemande, François Hollande a ensuite nuancé ses propos mais entend toujours trouver avec les partenaires de la France les moyens de réorienter la politique économique communautaire afin de sortir d'"une logique d'austérité", a réaffirmé mercredi l'un de ses proches, Jean-Marc Ayrault, qui pourrait être son futur Premier ministre.

Le président-élu plaide notamment pour une mobilisation des fonds structurels européens, un renforcement des moyens de la Banque européenne d'investissement (BEI) et la possibilité d'emprunts obligataires à l'échelle européenne afin de faciliter le financement privé de grands projets.

Devant les députés allemands, Angela Merkel a souligné que la réduction de la dette et les mesures encourageant la croissance étaient déjà les "deux piliers" de la politique européenne.

"UN PROCESSUS LONG ET DIFFICILE"   Suite...

 
<p>Devant le Bundestag &agrave; Berlin, la chambre basse du Parlement allemand, Angela Merkel a clairement rejet&eacute; jeudi les appels &agrave; la rupture avec l'aust&eacute;rit&eacute; lanc&eacute;s par la gauche europ&eacute;enne, estimant qu'une "croissance &agrave; cr&eacute;dit" plongerait l'Europe encore plus profond&eacute;ment dans la crise. /Photo prise le 10 mai 2011/REUTERS/Thomas Peter</p>