La sous-traitance aéronautique peine à recruter et à se financer

mercredi 9 mai 2012 18h39
 

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Les sous-traitants français de l'aéronautique bénéficient depuis plusieurs mois de la montée en cadence opérée par Airbus, mais certains fournisseurs pourraient provoquer des goulets d'étranglement par manque de fonds de roulement et de personnel qualifié à embaucher, estiment des acteurs de la filière.

L'avionneur européen, filiale d'EADS, a enregistré en 2011 1.419 commandes nettes -un record- et prévoit en conséquence d'augmenter les cadences de production pour livrer 570 appareils en 2012, après 534 en 2011.

Or, parmi ses sous-traitants, nombre de petites entreprises du Sud-Ouest pourraient peiner à suivre ce rythme malgré les solides perspectives du marché aéronautique.

"Il y a un risque de plafonnement, un risque de goulets d'étranglement vu que tous les grands donneurs d'ordre augmentent leurs cadences en même temps", pointe Thierry Voiriot, président du comité Aéro-PME au sein du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).

Deux difficultés principales sont avancées par les professionnels du secteur: le manque de fonds de roulement, lié notamment à la frilosité des organismes de crédit, ainsi que la pénurie de personnels qualifiés sur certains métiers.

"On était retombé à un niveau (de production) relativement bas à cause de la crise et des retards de certains programmes", ce qui a pesé sur la trésorerie des entreprises, note Thierry Voiriot, faisant état d'une "très grande réticence du tissu bancaire à financer (le secteur)".

"PROBLÈME DE CAPACITÉ"

Fabrice Brégier, numéro deux d'Airbus qui doit devenir président exécutif de l'avionneur en juin, s'en est pris à plusieurs reprises aux banques ces derniers mois, les accusant de ne pas soutenir suffisamment les PME d'un secteur en pleine croissance.   Suite...