Dexia, première urgence bancaire pour François Hollande

mercredi 9 mai 2012 15h50
 

par Julien Ponthus et Philip Blenkinsop

PARIS/BRUXELLES (Reuters) - En pertes au premier trimestre, la banque franco-belge Dexia s'est imposée mercredi comme le premier dossier financier sensible auquel doit s'attaquer François Hollande avant même d'avoir endossé officiellement ses habits de président.

Selon les informations du journal Le Monde, le directeur de campagne du vainqueur de dimanche, Pierre Moscovici, a rencontré mardi l'actuel secrétaire général de l'Elysée, Xavier Musca, pour discuter de la situation de l'établissement financier en cours de démantèlement.

Le gouvernement belge n'a pas attendu la passation de pouvoir à Paris pour réclamer le contrôle opérationnel de l'établissement bancaire et demander une réduction de sa participation de 60% aux 90 milliards d'euros de garanties d'Etat accordés à Dexia.

Un alourdissement de la facture française pourrait s'avérer particulièrement périlleux à concilier avec une équation budgétaire déjà difficile à tenir pour le futur gouvernement de François Hollande.

Gouvernance contestée, pertes récurrentes, probable recapitalisation, la situation de l'ancien leader mondial du financement des collectivités locales a continué de se détériorer après l'annonce de son deuxième plan de sauvetage à l'automne dernier.

Ce démantèlement qui se veut "contrôlé", n'a toujours pas été approuvé par la Commission européenne.

Les négociations avec les équipes du commissaire européen à la concurrence, Joaquin Almunia, s'avèrent cruciales car Dexia n'a pas les capitaux nécessaires pour payer des taux d'intérêt élevés en échange des garanties d'Etat.

Luc Coene, le gouverneur de la Banque centrale de Belgique, a déjà indiqué que Dexia aura vraisemblablement besoin d'être recapitalisée.   Suite...

 
<p>Dexia a subi une perte nette part du groupe de 431 millions d'euros au premier trimestre, imputable &agrave; des "&eacute;l&eacute;ments non r&eacute;currents", essentiellement le co&ucirc;t des garanties publiques couvrant ses financements et des d&eacute;pr&eacute;ciations. /Photo prise le 27 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Fran&ccedil;ois Lenoir</p>