La Grèce inquiète les marchés plus que le vote français

dimanche 6 mai 2012 23h58
 

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Le risque d'instabilité politique en Grèce à l'issue des élections législatives pourrait pénaliser les marchés financiers européens, le vote grec reléguant au second plan la victoire attendue du socialiste François Hollande à la présidentielle en France, estiment analystes et gérants.

En Grèce, les deux principales formations, les conservateurs de Nouvelle Démocratie et les socialistes du Pasok, qui ont soutenu la cure d'austérité draconienne suivie depuis début 2010 en échange d'une aide financière internationale, ne devraient pas être mesure de conserver leur majorité absolue au Parlement.

"Qui va être susceptible de porter les engagements de la Grèce sur cette question (des mesures d'austérité-NDLR) ? Cela va être un point majeur dans les jours qui viennent. Il va falloir trouver très vite des solutions", prévient Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis Asset Management.

En février dernier, la Grèce a obtenu de la "troïka" de ses créanciers internationaux (UE, FMI et BCE) un second plan de sauvetage de 130 milliards d'euros en contrepartie de nouvelles coupes budgétaires et de réformes structurelles supplémentaires, avant de boucler un accord d'échange de dettes sans précédent avec les investisseurs privés.

"Le risque c'est que les investisseurs non européens retrouvent une méfiance vis-à-vis de la zone euro assez marquée (...) Cela peut être pénalisant pour les marchés euro et pas simplement le marché grec", estime Philippe Waechter.

"ASSEZ D'AUSTÉRITÉ"

En France, le candidat socialiste a remporté l'élection présidentielle avec près de 52% des voix face au président sortant Nicolas Sarkozy.

Mais tous les regards sont déjà tournés vers les élections législatives des 10 et 17 juin, au cours desquelles les investisseurs espèrent que se dessinera une majorité claire à l'Assemblée nationale et scruteront de près le résultat des extrêmes (droite et gauche), qui ont cumulé plus de 30% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril.   Suite...

 
<p>D&eacute;pouillement dans un bureau de vote d'Ath&egrave;nes. Analystes et g&eacute;rants estiment que le risque d'instabilit&eacute; politique en Gr&egrave;ce &agrave; l'issue des &eacute;lections l&eacute;gislatives pourrait p&eacute;naliser les march&eacute;s financiers europ&eacute;ens, le vote grec rel&eacute;guant au second plan la victoire attendue du socialiste Fran&ccedil;ois Hollande &agrave; la pr&eacute;sidentielle en France. /Photo prise le 6 mai 2012/REUTERS/Yorgos Karahalis</p>