ATR livre son millième avion, symbole de son redressement

jeudi 3 mai 2012 17h37
 

par Jean Décotte

BLAGNAC, Haute-Garonne (Reuters) - ATR, coentreprise entre EADS et l'italien Finmeccanica qui a frôlé la faillite en 2004, a livré jeudi son millième avion, signe de son spectaculaire rétablissement et de l'appétit retrouvé du marché pour les appareils turbopropulseurs.

L'avionneur a par ailleurs dit travailler à la définition technique et commerciale d'un nouvel appareil d'une capacité accrue et permettant de réduire d'au moins 15% le coût du passager par siège.

Passé d'un carnet de commandes de seulement cinq appareils il y a huit ans à 224 avions fin 2011, le groupe a remis jeudi les clés d'un ATR 72-600 à la compagnie espagnole Air Nostrum, filiale d'Iberia, lors d'une cérémonie à Blagnac, près de Toulouse. Le premier ATR avait été livré en 1985.

"(En 2004) tout le monde au sein du secteur industriel ou du système bancaire voyait en ATR un cadavre", a rappelé au cours d'un discours Filippo Bagnato, président exécutif de la coentreprise, évoquant une situation alors "quasi désespérée".

Mais avec le renchérissement du prix du pétrole, la "jet-mania" a reflué, offrant une nouvelle jeunesse aux avions à hélices comme ceux d'ATR, moins rapides mais moins gourmands en carburant.

"Depuis 2005, nous avons écoulé 50% de l'ensemble des appareils vendus (par ATR) au cours des 30 dernières années", a dit Filippo Bagnato, qui a réaffirmé viser un chiffre d'affaires de deux milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) "d'ici deux ans".

"PAS UN LIT DE ROSES"

Fin janvier, ATR avait annoncé un carnet de commandes record estimé à cinq milliards de dollars à la fin 2011, tablant sur une hausse de 60% de sa production d'ici trois ans.   Suite...

 
<p>Filippo Bagnato, pr&eacute;sident ex&eacute;cutif d'ATR. La coentreprise entre EADS et l'italien Finmeccanica, qui a fr&ocirc;l&eacute; la faillite en 2004, a livr&eacute; jeudi son milli&egrave;me avion, signe de son spectaculaire r&eacute;tablissement et de l'app&eacute;tit retrouv&eacute; du march&eacute; pour les appareils turbopropulseurs. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol</p>