Hollande-Sarkozy, mêmes objectifs économiques, méthodes opposées

mercredi 2 mai 2012 15h33
 

par Jean-Baptiste Vey et Matthias Blamont

PARIS (Reuters) - François Hollande et Nicolas Sarkozy proposent tous deux des programmes de rigueur fondés sur une croissance supérieure aux attentes, avec l'objectif commun de redresser les comptes publics et l'emploi, mais des recettes idéologiquement opposées.

Pour ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2013, leur premier défi, le candidat socialiste et le président sortant prévoient d'augmenter les impôts et de freiner la hausse des dépenses, François Hollande équilibrant l'effort entre les deux tandis que Nicolas Sarkozy contraindrait davantage les dépenses.

Pour faire reculer le chômage, adapter le système social et relancer l'industrie, le candidat socialiste prévoit d'utiliser les armes fiscale et budgétaire et de confier ces problématiques aux partenaires sociaux à l'occasion d'une grande négociation.

Le président sortant promet pour sa part de former les chômeurs, qui seraient en échange contraints d'accepter une offre d'emploi. Il veut permettre aux entreprises de déroger aux règles sur le temps de travail et les rémunérations, et baisser leurs coûts à travers la "TVA sociale" prévue pour octobre.

Alors que la récession fait dérailler les trajectoires budgétaires de plusieurs pays européens, la pression sur le prochain président sera forte.

"Aucun des deux candidats n'aura de grandes marges de manoeuvre en raison des contraintes liées à la crise dans la zone euro", résume Tina Fordham, analyste chez Citi Global Markets.

Comme souvent en France, les deux finalistes s'appuient sur des prévisions de croissance supérieures à celles du FMI, de l'OCDE, de la Commission européenne et des économistes. Des mesures de rigueur additionnelles pourraient dès lors s'imposer.

Après un net ralentissement cette année (0,5% selon François Hollande et 0,7% pour Nicolas Sarkozy), la croissance atteindrait 1,7% l'an prochain puis 2% de 2014 à 2017, et même 2% à 2,5% à partir de 2015 selon François Hollande.   Suite...

 
<p>LE MATCH HOLLANDE-SARKOZY</p>