La BCE se réunit en Espagne, au coeur de la crise

mardi 1 mai 2012 12h39
 

par Marc Jones

FRANCFORT (Reuters) - En délocalisant jeudi à Barcelone sa réunion mensuelle de politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) prend le risque d'affronter directement la colère des Espagnols face à l'austérité budgétaire qu'elle défend alors que certains plaident pour des mesures de soutien aux pays les plus affaiblis par la crise.

La réunion ne devrait pas déboucher sur des décisions spectaculaires car les taux d'intérêt de la BCE sont déjà à leur plus bas historique et que de nombreux responsables, en Allemagne et ailleurs dans la zone euro, estiment qu'il faut désormais attendre que les injections massives de liquidités des derniers mois fassent leur effet.

Le conseil des gouverneurs -qui se réunit deux fois par an ailleurs qu'à Francfort- devrait pourtant débattre des derniers indicateurs économiques, que certains observateurs jugent suffisamment mauvais pour justifier une baisse supplémentaire des taux, ainsi que d'une éventuelle réactivation de son programme de rachats d'obligations souveraines, mis en sommeil depuis près de trois mois.

Les trois quarts des économistes interrogés la semaine dernière par Reuters ont dit s'attendre à ce que la BCE reprenne ces achats au cours des trois prochains mois mais les professionnels des marchés monétaires sondés dans une autre enquête sont d'avis contraire.

Ces rachats, auxquels la banque centrale a consacré près de 215 milliards d'euros depuis le début de la crise, se soldent par des résultats mitigés mais pour certains économistes, la remontée des rendements obligataires espagnols et italiens rendra leur reprise inévitable.

"Selon nous, la BCE n'hésitera pas à intervenir de nouveau si les tensions sur les marchés devaient augmenter", explique Carsten Brzeski, économiste d'ING.

Parallèlement aux tensions sur les marchés de la dette, économistes et investisseurs surveillent l'évolution des indicateurs économiques.

Après l'annonce la semaine dernière d'une baisse des indices PMI des directeurs d'achats, le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, avait évoqué des risques "très significatifs" pesant sur la croissance, ajoutant que la banque centrale "adapterait" sa politique à une éventuelle matérialisation de ces risques.   Suite...

 
<p>Le pr&eacute;sident de la Banque centrale europ&eacute;enne, Mario Draghi. En d&eacute;localisant jeudi &agrave; Barcelone sa r&eacute;union mensuelle de politique mon&eacute;taire, la BCE prend le risque d'affronter directement la col&egrave;re des Espagnols face &agrave; l'aust&eacute;rit&eacute; budg&eacute;taire qu'elle d&eacute;fend alors que certains plaident pour des mesures de soutien aux pays les plus affaiblis par la crise. /Photo prise le 25 avril 2012/REUTERS/Yves Herman</p>