Des banques françaises suspendues à l'après-présidentielle

jeudi 26 avril 2012 13h41
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les banques françaises, qui publient à partir de jeudi prochain leurs résultats pour le premier trimestre, se sont retrouvées ces dernières semaines sous la pression des marchés en raison du regain d'inquiétudes sur la dette publique dans la zone euro et des incertitudes liées à l'élection présidentielle en France.

Si les injections massives de liquidités par la Banque centrale européenne, plus de 1.000 milliards d'euros, avaient permis aux valeurs bancaires de rebondir en début d'année, l'effet a été de courte durée. Et les valeurs bancaires françaises sont reparties depuis mars dans une spirale baissière, l'action Crédit agricole ayant touché le 23 avril son plus bas historique, à 3,572 euros en clôture, depuis sa cotation en 2002.

Au-delà du risque d'un "tour de vis" réglementaire qui plane sur les banques si le candidat socialiste François Hollande remporte l'élection le 6 mai, les investisseurs s'interrogent avant tout sur la capacité de la France à conserver ses notes de crédit auprès des agences de notation après avoir déjà été privée en janvier de son "triple A" par l'agence Standard & Poor's.

La France est en effet toujours placée sous surveillance négative par les trois grandes agences, S&P, Moody's et Fitch.

Toute nouvelle dégradation entraînerait dans la foulée un abaissement des notes de BNP Paribas, du Crédit agricole, de la Société générale et du groupe BPCE, maison-mère de Natixis.

L'agence Moody's a aussi prévenu en février qu'elle pourrait abaisser les notes de 17 grandes banques internationales dont celles de BNP Paribas et du Crédit agricole.

"La baisse des valeurs bancaires va au-delà de l'impact Hollande", explique un analyste, sous couvert d'anonymat, faisant allusion au projet de réforme du système bancaire du candidat socialiste.

"C'est le risque de dégradation de la France qui est la source des inquiétudes", poursuit-il.   Suite...