Mario Monti privilégie désormais la croissance à l'austérité

mercredi 18 avril 2012 19h32
 

par Gavin Jones

ROME (Reuters) - Face à la dégradation de l'activité économique et aux risques d'une austérité trop marquée, le gouvernement italien a retardé mercredi d'un an son projet de ramener son budget à l'équilibre, qui devait initialement être presque entièrement réalisé à la fin de 2013.

L'Italie compte désormais sur un déficit public de 1,7% de son produit intérieur brut (PIB) pour 2012, et 0,5% pour 2013. Pour parvenir à un équilibre presque complet en 2014, le gouvernement compte réaliser un excédent budgétaire primaire, hors service de la dette, équivalent à 0,6% du PIB au cours de l'année 2013.

Le président du Conseil italien, Mario Monti, a affirmé à la sortie du conseil des ministres qu'il donnerait désormais la priorité à la croissance sur une politique d'austérité qu'il juge susceptible de faire empirer le sort de l'Italie, déjà plongée dans la récession.

"Tout, tout, tout ce que nous faisons maintenant doit bénéficier à la croissance", a annoncé le chef du gouvernement italien, alors que Rome prévoit désormais une contraction de 1,2% de l'activité pour 2012, contre 0,4% dans ses précédentes prévisions, en décembre dernier.

Il s'agit d'un tournant dans la politique menée par Mario Monti, qui défendait l'austérité depuis son arrivée à la tête d'un gouvernement de technocrates en novembre 2011.

Ses annonces contrastent plus généralement avec les plans d'austérité que d'autres pays de la zone euro confrontés à une crise de leur dette ont maintenus ou mis en place au cours des précédents mois, en particulier la Grèce et le Portugal.

La nouvelle direction prise par Mario Monti a justement pour objectif d'éviter à l'Italie l'enchaînement cyclique de phases de récession et de politiques d'austérité qui a frappé ces deux pays.

UN SOUTIEN INTERNATIONAL   Suite...

 
<p>Site de construction &agrave; Milan. Face &agrave; la d&eacute;gradation de l'activit&eacute; &eacute;conomique et aux risques d'une aust&eacute;rit&eacute; trop marqu&eacute;e, le gouvernement italien a retard&eacute; mercredi d'un an son projet de ramener son budget &agrave; l'&eacute;quilibre, qui devait initialement &ecirc;tre presque enti&egrave;rement r&eacute;alis&eacute; &agrave; la fin de 2013. /Photo prise le 18 avril 2012/REUTERS/ Stefano Rellandini</p>