Une victoire de François Hollande inquiète modérément le marché

mercredi 18 avril 2012 17h28
 

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Une victoire du socialiste François Hollande à la présidentielle est assez largement anticipée par les marchés mais les réponses des spécialistes ne sont pas unanimes à la question de savoir si, dans cette perspective, il faut vendre massivement la dette de la France.

Selon des gérants, des rumeurs difficilement vérifiables circulent sur les marchés obligataires et laissent entendre que des fonds spéculatifs mettent en place de grosses positions vendeuses sur la dette française. Pour l'instant, cela ne s'est pas matérialisé sur le marché au comptant.

La principale préoccupation des investisseurs est de sortir du flou des propositions, inhérent à toute campagne électorale. Or, pour connaître précisément le programme du président qui sera élu le 6 mai, notamment en matière de maîtrise des finances publiques et d'engagement européen, il faudra attendre les élections législatives de juin et la formation d'un gouvernement.

"Il pourrait y avoir d'ici là une dégradation" du marché de la dette, dit un stratégiste d'une grande banque, qui a requis l'anonymat, soulignant que "les marchés sont très attentifs à la réduction du déficit public". Mais, ajoute-t-il, aussi bien François Hollande que le président sortant Nicolas Sarkozy se sont engagés sur ce point.

Nicolas Sarkozy a brandi la menace d'une attaque de la France sur les marchés en cas de victoire de la gauche. "Vous voulez la gauche ? Vous aurez la Grèce et vous aurez l'Espagne !", a menacé le président-candidat.

Les stratégistes de Citigroup, tout en remarquant que "s'il est élu le 6 mai, François Hollande ne sera que le deuxième socialiste à devenir président", constatent que "dans le passé, les socialistes français ont été en mesure de mettre en oeuvre des réformes significatives via un dialogue plus facile avec les syndicats".

"Ses premières décisions seront examinées à la loupe, notamment sur le nouveau pacte budgétaire européen et sur sa propre politique budgétaire", ajoutent-ils dans une note, faisant allusion à la volonté, plusieurs fois répétées du candidat socialiste, de renégocier le nouveau pacte budgétaire européen afin d'y introduire des dispositions visant à stimuler la croissance économique.

Dans ce contexte, auquel s'ajoute la pression des agences de notation, Citi estime qu'il y a peu de marge pour un resserrement de l'écart de rendement (spread) entre l'obligation assimilable du Trésor français (OAT) à 10 ans et son équivalent allemand (Bund), référence de la zone euro.   Suite...

 
<p>Une victoire du socialiste Fran&ccedil;ois Hollande &agrave; la pr&eacute;sidentielle est assez largement anticip&eacute;e par les march&eacute;s mais les r&eacute;ponses des sp&eacute;cialistes ne sont pas unanimes &agrave; la question de savoir si, dans cette perspective, il faut vendre massivement la dette de la France. /Photo prise le 17 avril 2012/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>