Big bang patronal, "le changement, c'est (pas) maintenant"

mercredi 18 avril 2012 12h50
 

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - "Il ne faut pas se contenter de dire (...) des têtes vont tomber, il faut dire lesquelles et le dire rapidement."

Plus de trente ans séparent cette déclaration du socialiste Paul Quilès, au congrès de Valence en 1981, et la possible élection de François Hollande à la présidence de la République le 6 mai.

Plus de trente ans et un gouffre idéologique, car le candidat socialiste n'envisage nullement, au contraire de François Mitterrand, de nationaliser des pans entiers de l'économie ou de prendre le contrôle des entreprises dont l'Etat est un actionnaire important en changeant leur patron.

Certains observateurs estiment même sur le mode de l'ironie que la promesse de François Hollande de limiter les écarts de rémunération de 1 à 20 dans les entreprises publiques pourrait avoir un impact bien plus important en termes de démissions qu'une très hypothétique purge politique.

Reste que la tension entre l'équipe de François Hollande et le patron d'EDF Henri Proglio et le procès d'intention de la majorité sortante sur une "épuration" postélectorale entretiennent la nervosité de certains patrons d'entreprises publiques.

Mais selon l'enquête menée par la rédaction de Reuters et les déclarations du candidat et de ses proches, le risque d'une mise à plat de la gouvernance des entreprises publiques françaises est jugé très faible.

Le slogan de campagne de François Hollande, "le changement, c'est maintenant", ne semble donc pas viser les patrons des entreprises publiques.

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