Patrons et politiques, un divorce au sommet

mercredi 18 avril 2012 12h32
 

par Jean-Michel Belot

PARIS (Reuters) - Ils sont souvent sortis des mêmes écoles, fréquentent régulièrement les mêmes cercles, partagent les mêmes codes sociaux, et pourtant le divorce semble consommé entre les grands patrons du CAC 40 et les hommes politiques français.

La crise financière qui a conduit la classe politique à en rejeter la responsabilité sur les banquiers, ainsi que la campagne présidentielle où les candidats ont souvent épinglé les bonus des PDG, ont un peu plus creusé le fossé entre deux mondes dont les horizons et les préoccupations divergent.

Au-delà de l'habituelle fracture en France entre la gauche et l'entreprise, cette rupture teintée d'incompréhension puise une de ses sources dans la globalisation, qui a poussé les grandes entreprises à délaisser les sentiers balisés du marché français.

Lancées à la conquête de l'Asie, dont les rythmes de croissance échevelés agissent comme une drogue dure dont il est difficile de décrocher, la France ressemble aujourd'hui à un confetti parmi d'autres dans l'empire des sociétés du CAC 40, majoritairement détenues par des investisseurs étrangers.

L'installation, l'été dernier à Hong Kong, du président du directoire de Schneider Electric a de ce point de vue frappé les esprits. La France ne représente aujourd'hui que 10% de l'activité du leader mondial des équipements électriques basse et moyenne tension et Jean-Pascal Tricoire passe désormais la moitié de son temps en Asie.

Sur la planète politique, avec l'accélération des rythmes électoraux liée à la réforme du quinquennat, la classe politique et le président Nicolas Sarkozy semblent succomber plus facilement aux sirènes des sondages et de la communication politique, au risque de naviguer à vue, de céder à la démagogie et de perdre le goût pour l'action de l'Etat dans la durée.

"Quelle est la vision du monde des politiques ? C'est celle de la responsabilité qu'ils ont vis-à-vis de leurs électeurs, c'est donc une dimension nationale, voire locale", observe Philippe Camus, président du groupe de télécommunications Alcatel-Lucent

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