De Romanet prône un Etat "stratège" pour éviter la relégation

jeudi 5 avril 2012 10h46
 

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - A l'instar de la Chine d'aujourd'hui ou de la France des Trente Glorieuses, l'Etat français doit se doter d'une feuille de route claire pour les vingt prochaines années si elle veut rester une nation de premier rang, martèle Augustin de Romanet.

Lors d'un entretien à Reuters à l'occasion de la sortie, jeudi, de son livre "Non aux Trente Douloureuses", l'ancien directeur général de la Caisse des Dépôts (CDC) rejette l'idée d'un déclin de l'Europe malgré la crise que traverse la zone euro.

Il refuse tout autant la fatalité d'un Vieux Continent relégué au rang de destination touristique, sorte de "grande Venise" selon ses mots, à l'instar de la France des années 2020 décrite par Michel Houellebecq dans son roman "La Carte et le Territoire".

"Faisons comme tous les pays qui ont une grande ambition universelle, projetons-nous à vingt ans", déclare Augustin de Romanet. "La priorité, c'est de dresser une feuille de route pour une génération. Où veut-on être dans 20 ans? Je ne souhaite pas que l'on soit en deuxième division du monde."

"Quand vous menez une politique de restriction budgétaire qui est absolument indispensable, il ne faut pas en parallèle sacrifier ni la jeunesse, ni la recherche ni les infrastructures."

"Cette crise a peut-être permis, au fond, à l'Europe de se renforcer. L'espoir que l'on peut avoir, c'est que les Européens soient piqués au vif de leur honneur et refusent d'être une grande Venise."

Alors que la campagne pour l'élection présidentielle est entrée dans sa dernière ligne droite, ce haut fonctionnaire regrette que l'Etat ait délaissé la gestion des ressources humaines de la fonction publique, pourtant essentielle à l'efficacité de son action.

"Quand on a des préfets qui changent tous les deux ans, quand on a des objectifs qui ne sont pas suffisamment précis, quand on a des carrières qui ne sont pas bien gérées, on se prive d'un levier extraordinaire pour le fonctionnement de l'Etat", déplore-t-il.   Suite...

 
<p>A l'instar de la Chine d'aujourd'hui ou de la France des Trente Glorieuses, l'Etat fran&ccedil;ais doit se doter d'une feuille de route claire pour les vingt prochaines ann&eacute;es si elle veut rester une nation de premier rang, a d&eacute;clar&eacute; l'ancien directeur g&eacute;n&eacute;ral de la Caisse des D&eacute;p&ocirc;ts (CDC) Augustin de Romanet lors d'un entretien &agrave; Reuters &agrave; l'occasion de la sortie de son livre "Non aux Trente Douloureuses". /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>