4 avril 2012 / 08:14 / il y a 6 ans

L'inflation empêche la BCE de soutenir la croissance

par Sakari Suoninen

<p>Selon les analystes interrog&eacute;s par Reuters, la persistance d'une inflation &eacute;lev&eacute;e devrait emp&ecirc;cher ce mercredi la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) de prendre la moindre initiative pour soutenir la reprise toujours fragile de la zone euro, en d&eacute;pit du regain d'inqui&eacute;tude suscit&eacute; par l'Espagne. /Photo prise le 29 septembre 2011/REUTERS/Ralph Orlowski</p>

FRANCFORT (Reuters) - La persistance d‘une inflation élevée empêchera mercredi la Banque centrale européenne (BCE) de prendre la moindre initiative pour soutenir la reprise toujours fragile de la zone euro, en dépit du regain d‘inquiétude suscité par l‘Espagne.

Même si le président de la BCE, Mario Draghi, assure que le plus gros de la crise de la dette est passé, la situation espagnole et celle du Portugal alimentent de nouveau les doutes.

Mais l‘institution de Francfort estime qu‘elle a accompli tout ce qui était en son pouvoir et qu‘il appartient désormais aux gouvernements et aux banques de gérer la crise de la dette et ses conséquences.

Le conseil des gouverneurs de la BCE, qui se réunit ce mois-ci mercredi et non jeudi comme à l‘habitude, en raison du week-end de Pâques, doit naviguer entre, d‘une part, des pressions inflationnistes toujours fortes et les risques de récession d‘autre part. Deux facteurs qui s‘annulent peu ou prou.

Le risque d‘une rechute en récession de l‘ensemble de la zone euro reste présent malgré l‘injection par la BCE de plus de 1.000 milliards d‘euros de liquidités dans le système financier depuis la fin décembre. Une action massive dont les retombées sont encore difficiles à percevoir : malgré une hausse plus forte qu‘attendu de la masse monétaire en février, l‘activité du secteur manufacturier a décéléré en mars en Allemagne et en France.

En conséquence, même si l‘inflation, à 2,6% en mars, reste supérieure à l‘objectif, la BCE ne devrait pas durcir sa politique mercredi.

RISQUE ESPAGNOL

Elle devrait en effet veiller à ne pas répéter l‘erreur commise l‘an dernier: deux hausses de taux décidées en début d‘année sur lesquelles elle a été obligée de revenir en raison de la crise de la dette.

Les analystes interrogés par Reuters estiment que le taux de refinancement, le principal outil de la politique monétaire de la zone euro, a atteint un plancher à 1,0% et que la BCE ne le relèvera pas avant la fin de l‘an prochain, au plus tôt.

Même si la menace d‘une aggravation de la crise de la dette semble s’être éloignée, Mario Draghi devrait s‘attacher mercredi à ne pas afficher un optimisme excessif.

Lors de la conférence de presse qui suivra le conseil, il sera probablement interrogé sur la possibilité que l‘Espagne doive demander une aide financière après la hausse récente de ses coûts de refinancement.

Le rendement des obligations espagnoles à 10 ans est remonté à plus de 5,35% ces derniers jours contre 4,65% en février, malgré l‘annonce vendredi d‘un budget prévoyant plus de 27 milliards d’économies et de recettes nouvelles.

Madrid peine en effet à convaincre ses partenaires et ses créanciers de sa capacité à tenir ses objectifs de réduction des déficits.

Dans ce contexte, Mario Draghi devrait donc saluer l‘accord conclu vendredi par les ministres des Finances de l‘Eurogroupe sur le renforcement de son pare-feu financier.

Mais il devrait répéter que les gouvernements doivent continuer de réduire les déficits, que la BCE a déjà accompli sa part du travail et que les banques doivent renforcer leurs fonds propres.

DIVERGENCES AU CONSEIL DES GOUVERNEURS

Car après le succès de la double opération de refinancement à trois ans dans la lutte contre la crise, la BCE doit prendre en compte le risque de voir les gouvernements céder à la tentation de la complaisance et relâcher l‘effort de rigueur face au mécontentement suscité dans l‘opinion par les mesures d‘austérité mises en oeuvre ces derniers mois.

“Plus la BCE réussit à faire baisser les rendements, plus il est difficile pour les responsables politiques de faire avancer les réformes, ce qui, au final, pourrait conduire au retour de la crise de la dette”, explique Jörg Krämer, économiste à la Commerzbank. “Elle pourrait être victime de son propre succès.”

Autre facteur délicat à gérer pour Mario Draghi: les divergences de vues au sein du conseil des gouverneurs. Le président de la Bundesbank allemande, Jens Weidmann, a écrit en février au président de la BCE une lettre dans laquelle il mettait l‘accent sur les différences entre les pays du nord de la zone euro, qui recherchent la stabilité, et ceux du sud, qui privilégient selon lui la croissance à court terme.

Les responsables les plus orthodoxes de la banque centrale souhaitent donc un débat sur l‘arrêt des mesures anti-crise tandis que les plus favorables à une politique expansionniste jugent qu‘il est trop tôt, ne serait ce que pour en débattre.

Mario Draghi devrait s‘employer à trouver une position médiane et souligner que les divergences ont été exagérées.

“Je sais qu‘en public, ils essaient de calmer le jeu mais, sur le fond, les positions sont très différentes”, note Jörg Krämer.

Marc Angrand pour le service français

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