3 avril 2012 / 07:23 / il y a 6 ans

La Chine pourrait faciliter les investissements à l'étranger

par Kevin Yao

<p>La Chine pourrait assouplir la r&eacute;glementation concernant les investissements &agrave; l'&eacute;tranger du secteur priv&eacute;, a annonc&eacute; le gouverneur de la banque centrale Zhou Xiaochuan, moins d'une semaine apr&egrave;s le feu vert donn&eacute; par le gouvernement &agrave; un projet pilote de r&eacute;forme financi&egrave;re. /Photo d'archives/REUTERS</p>

BOAO, Chine (Reuters) - La Chine pourrait assouplir la réglementation concernant les investissements à l’étranger du secteur privé, a annoncé mardi le gouverneur de la banque centrale, moins d‘une semaine après le feu vert donné par le gouvernement à un projet pilote de réforme financière.

Le Conseil d‘Etat (gouvernement) chinois a annoncé la semaine dernière qu‘il envisageait d‘autoriser les investissements directs à l’étranger par les résidents de la ville côtière de Wenzhou, dans l‘est du pays, dans le cadre d‘un projet expérimental. Cela a été considéré comme une étape importante vers la libéralisation des transactions.

Le gouverneur de la banque centrale, Zhou Xiaochuan, qui s‘exprimait au Forum de Boao 2012 pour l‘Asie, sur l’île de Hainan, a déclaré que la Chine voulait encourager les sorties de capitaux, ce qui aidera à réduire les déséquilibres causés par les entrées nettes de capitaux.

“Il pourrait y avoir une poursuite de la déréglementation pour donner aux entreprises et aux résidents chinois plus de facilité pour leurs investissements à l’étranger”, a déclaré Zhou Xiaochuan.

Il n‘a pas précisé si les réformes seraient limitées à Wenzhou ou étendues à d‘autres zones. Wenzhou, située dans la province du Zhejiang, est connue dans toute la Chine comme une plate-forme entrepreneuriale et un lieu de prêts parallèles.

De nombreuses entreprises chinoises privées sont contraintes de se tourner vers le marché gris pour obtenir des prêts parce qu‘elles ne peuvent accéder aux prêts aux taux officiels, qui vont en premier lieu des banques d‘Etat aux entreprises d‘Etat.

Sur le marché non officiel du crédit, les taux d‘intérêt annualisés peuvent atteindre 100%.

L‘idée d‘une zone de réforme financière a émergé fin 2011 après des articles de presse sur les chefs d‘entreprise de Wenzhou qui étaient entrés dans la clandestinité ou s’étaient suicidés après s’être trouvé dans l‘incapacité de rembourser des prêts à taux très élevés contractés en dehors des circuits officiels.

La Banque populaire de Chine estimait ce marché à 2.400 milliards de yuans (285 milliards d‘euros) à la fin mars 2010, soit 5,6% du marché total des prêts en Chine.

Le gouverneur de la banque centrale a indiqué qu‘un projet de garantie des dépôts, qui permettrait d‘assurer les titulaires de compte contre les pertes provoquées par les faillites des banques, avait dû être remis à plus tard à cause de la crise financière mondiale.

Un tel système d‘assurance est aussi perçu comme un premier pas vers la libéralisation des taux d‘intérêt, dans la mesure où un taux d‘intérêt suivant le cours du marché réduirait la marge de manoeuvre dont bénéficient jusqu’à présent les banques pour s‘octroyer leur propre marge d‘intérêt, ce qui peut constituer un risque pour les épargnants.

Zhou Xiaochuan avait précédemment déclaré que le gouvernement avait pris toutes les dispositions “effectives” pour mettre en place ce système, et que celui-ci entrerait en vigueur au moment jugé approprié.

Le gouverneur de la Banque centrale a également défendu le projet de banque de développement commune présenté par les pays émergents du groupe des BRICS. Un tel établissement, qui pourrait délivrer des prêts à la place de la Banque mondiale, serait viable et ne concurrencerait pas les prêteurs existant, a estimé Zhou.

Il aurait même toute sa place, a-t-il dit, dans la mesure où les organismes de prêts régionaux n‘ont pas “répondu aux attentes” en n‘aidant pas suffisamment les économies émergentes à résister à la crise financière.

Ce plaidoyer se veut une réponse au président de la Banque mondiale Robert Zoellick, qui a déclaré la semaine dernière qu‘une telle banque aurait dû mal à se faire une place et à égaler l‘expertise de la Banque mondiale, traditionnellement dirigée par les Etats-Unis.

Danielle Rouquié et Tangi Salaün pour le service français

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