Irrité, Juncker abrège l'Eurogroupe et repousse des décisions

vendredi 30 mars 2012 16h34
 

par Francesca Landini et Annika Breidthardt

COPENHAGUE (Reuters) - Jean-Claude Juncker a abrégé vendredi une réunion de l'Eurogroupe qu'il préside, laissant ouvert le débat sur sa succession et la possible entrée de son compatriote luxembourgeois Yves Mersch au directoire de la Banque centrale européenne.

Il a expliqué sa décision de mettre fin prématurément à la réunion par le fait que la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, avait annoncé un accord sur les moyens alloués aux fonds de soutien financier aux Etats de la zone.

"La décision n'était pas possible ; elle est repoussée à la mi-avril", a déclaré Jean-Claude Juncker, visiblement irrité, en quittant l'immeuble où se tenait la réunion sans même tenir la conférence de presse initialement prévue.

"Il n'y a pas de raison de tenir une conférence de presse puisque la ministre autrichienne des Finances a déjà annoncé l'accord alors que la réunion était en cours", a-t-il expliqué à des journalistes en attendant l'ascenseur dans son hôtel.

La présidence danoise de l'Union a effectivement annulé la conférence de presse, une initiative rare dans l'histoire de l'Eurogroupe.

Un porte-parole de Maria Fekter a déclaré que celle-ci avait présenté ses excuses à Jean-Claude Juncker et qu'elle n'avait fait que donner aux journalistes les grandes lignes de l'avancée des négociations en leur précisant que le président de l'Eurogroupe ferait une annonce officielle.

Victime collatérale de l'incident, Yves Mersch, qui préside pour l'instant la banque centrale du Luxembourg, est donné favori pour remplacer l'Espagnol José Manuel Gonzalez à l'expiration de son mandat au directoire de la BCE fin mai, et les ministres des Dix-Sept devaient débattre de cette succession lors de la réunion de vendredi.

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<p>Jean-Claude Juncker (&agrave; gauche, ici avec le ministre irlandais des Finances Michael Noonan) a abr&eacute;g&eacute; vendredi une r&eacute;union de l'Eurogroupe qu'il pr&eacute;side, laissant ouvert le d&eacute;bat sur sa succession et la possible entr&eacute;e de son compatriote luxembourgeois Yves Mersch au directoire de la Banque centrale europ&eacute;enne. /Photo prise le 30 mars 2012/REUTERS/Fabian Bimmer</p>