Sous pression de la rue, Madrid dévoile un budget "très sévère"

vendredi 30 mars 2012 07h38
 

par Paul Day et Tracy Rucinski

MADRID (Reuters) - Au lendemain de la grève générale qui a paralysé une partie de l'Espagne et dégénéré à Madrid et Barcelone, Mariano Rajoy, le président du gouvernement de droite, présente vendredi son projet de budget d'austérité "très sévère".

Alors que les objectifs de réduction du déficit impliquent une baisse des dépenses d'au moins 35 milliards d'euros, le chef du gouvernement a prévenu mardi que son budget, le premier depuis son arrivée au pouvoir, serait "très, très sévère".

Confronté à la montée de la contestation sociale, le gouvernement conservateur est pris entre deux risques: plonger encore plus le pays dans la récession ou voir le coût de sa dette s'envoler s'il ne maîtrise pas les comptes publics.

Si les sondages font ressortir une certaine résignation des Espagnols à l'austérité, le succès de la grève nationale qui était organisée jeudi montre que leur patience a des limites.

A l'appel de l'Union générale des travailleurs (UGT) et des Commission ouvrières (CCOO), les deux principales centrales syndicales du pays, les Espagnols ont arrêté le travail et sont descendus en nombre dans les rues des grandes villes du pays pour protester contre la réforme du marché du travail qui assouplit les conditions encadrant les licenciements et permet aux employeurs de baisser les salaires.

Les usines et les ports, dont ceux de Valence et de Séville, sont restés fermés, tandis que les télévisions publiques ou régionales et les transports ont connu de nombreuses perturbations durant toute la journée.

Le mouvement était considéré comme un test de la patience des Espagnols face à la politique de rigueur du gouvernement en raison du déséquilibre des comptes publics qui inquiète les marchés.

Les syndicats ont évalué la participation à la grève à 77%, en comptant les services minimum. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans plus de 100 villes de la péninsule ibériques.   Suite...

 
<p>Affrontements entre manifestants et policiers dans le centre de Barcelone. Au lendemain de la gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale qui a paralys&eacute; une partie de l'Espagne et d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; &agrave; Madrid et Barcelone, Mariano Rajoy, le pr&eacute;sident du gouvernement de droite, pr&eacute;sente vendredi son projet de budget d'aust&eacute;rit&eacute; "tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;re". /Photo prise le 29 mars 2012/REUTERS/Gustau Nacarino</p>