Madrid persiste dans la rigueur malgré la récession

jeudi 29 mars 2012 07h57
 

par Paul Day

MADRID (Reuters) - L'Espagne annonce un "budget très sévère", qui sera présenté vendredi au lendemain de la première grève d'ampleur nationale organisée depuis la formation du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

Le président du gouvernement espagnol a certes obtenu le mois dernier une concession de la Commission européenne, qui a accepté de ramener à 5,3% du produit intérieur brut (PIB) l'objectif de déficit public pour cette année, contre 4,4% auparavant.

Madrid, dont le déficit a atteint 8,5% du PIB l'an dernier, est désormais sous surveillance, comme l'illustre les tensions sur le rendement de sa dette à long terme, et doit toujours revenir sur le seuil des 3,0% du PIB en 2013.

Mariano Rajoy a évoqué mardi un "budget très, très sévère" alors que les objectifs de réduction du déficit implique une baisse des dépenses d'au moins 35 milliards d'euros.

Confronté à la montée de la contestation sociale, son gouvernement est coincé entre le risque de plonger le pays dans la récession et celui de voir le coût de sa dette s'envoler s'il ne maîtrise pas les comptes publics.

"Le gouvernement a une tâche difficile devant lui au regard des vents contraires auxquels l'économie doit faire face actuellement", résume Emilio Ontiveros, économiste à l'institut AFI, à Madrid.

L'économie espagnole, qui a connu un taux de croissance de 3,4% par an en moyenne sur la période 2001-2007, a connu 18 mois de récession à partir de 2008 après l'éclatement d'une bulle immobilière qui a déprimé la demande intérieure et provoqué un chômage de masse.

Depuis la sortie de récession au premier trimestre 2010, le pays peine à renouer avec la croissance, et l'activité s'est contractée au dernier trimestre de 2011.   Suite...

 
<p>L'Espagne annonce un "budget tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;re", qui sera pr&eacute;sent&eacute; vendredi au lendemain de la premi&egrave;re gr&egrave;ve d'ampleur nationale organis&eacute;e depuis la formation du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. Le pr&eacute;sident du gouvernement a &eacute;voqu&eacute; mardi un "budget tr&egrave;s, tr&egrave;s s&eacute;v&egrave;re" alors que les objectifs de r&eacute;duction du d&eacute;ficit implique une baisse des d&eacute;penses d'au moins 35 milliards d'euros. /Photo prise le 19 mars 2012/REUTERS/Marcelo del Pozo</p>