Le problème de Total n'est pas comparable à la marée noire de BP

mercredi 28 mars 2012 20h02
 

par Benjamin Mallet et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - La fuite de gaz sur l'un des gisements de Total en mer du Nord va coûter cher au groupe pétrolier français mais la situation semble sans commune mesure avec la marée noire survenue en 2010 dans le golfe du Mexique après l'explosion d'une plate-forme de BP.

Selon les analystes interrogés par Reuters, le coût pour Total pourrait se limiter à 150 millions de dollars (113 millions d'euros) si la fuite est rapidement colmatée, ou au contraire atteindre au minimum 10 milliards de dollars si la plate-forme du champ d'Elgin-Franklin finissait par exploser.

Total n'a pas exclu mardi que la réparation prenne plusieurs semaines, voire jusqu'à six mois, et cherchait toujours mercredi la cause exacte de la fuite.

La perspective d'une échéance lointaine pour la résolution de cette crise industrielle, la plus grave que Total ait connue depuis le naufrage de l'Erika en 1999 et l'explosion de l'usine AZF en 2001, a brutalement fait chuter le titre en Bourse mardi. L'action a perdu 5,96%, entraînant pour la capitalisation boursière du groupe un plongeon d'environ six milliards d'euros.

Le titre Total perdait encore près de 1% à 38,23 euros mercredi après-midi.

"Bien qu'il soit beaucoup trop tôt pour effectuer une évaluation fiable de l'impact de la fuite de gaz (...) pour Total, on peut estimer un coût minimal de 150 à 200 millions de dollars dans le meilleur des cas (arrêt limité à deux semaines), voire beaucoup plus si la situation actuelle devait perdurer plusieurs mois", selon CM-CIC securities.

Alors que le champ d'Elgin-Franklin a représenté à lui seul 2,5% de la production de Total en 2011, l'intermédiaire évalue en outre le manque à gagner pour le groupe entre 3,6 et 5 millions de dollars par jour d'arrêt des opérations.

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<p>La fuite de gaz sur le gisement d'Elgin de Total (photo) en mer du Nord va co&ucirc;ter cher au groupe p&eacute;trolier fran&ccedil;ais mais la situation semble sans commune mesure avec la mar&eacute;e noire survenue en 2010 dans le golfe du Mexique apr&egrave;s l'explosion d'une plate-forme de BP. /Photo diffus&eacute;e le 28 mars 2012/REUTERS/Total</p>