COR-L'économie espagnole menacée d'une "décennie perdue"

mercredi 28 mars 2012 19h21
 

Correction. Bien lire dans notre dépêche datée de mardi, que Luis Garicano est "chercheur au sein du cercle de réflexion espagnol Fedea".

par Paul Day

MADRID (Reuters) - Régime maigre pour les ménages et les entreprises, coupes claires dans le budget de l'Etat et raréfaction du crédit bancaire pourraient se traduire pour l'Espagne par des années de stagnation économique, et la contraindre à demander, comme la Grèce, une aide internationale.

Contraint par l'Union européenne de réduire le déficit et de se plier aux nouvelles règles budgétaires, le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a promis que le projet de budget présenté vendredi serait "très, très austère".

Alors que l'économie espagnole est déjà au bord de sa deuxième récession en trois ans, que le chômage dépasse 22% et que les coûts des emprunts d'Etat remontent, certains économistes prédisent au pays une "décennie perdue" comme celle qu'a vécue le Japon dans les années 1990 et dont il ne s'est jamais vraiment remis.

D'autres, parmi lesquels le président du conseil italien, Mario Monti, jugent que l'Espagne pourrait entraîner l'ensemble de la zone euro dans une nouvelle crise grave.

"Nous avons signé un pacte suicidaire, en Europe, en acceptant que tout le monde fasse des économies", a déclaré Luis Garicano, économiste à la London School of Economics et chercheur au sein du cercle de réflexion espagnol Fedea. "L'Europe doit admettre que cela crée une spirale baissière qui ne rend service à personne."

L'économie espagnole, caractérisée par une dette publique de près de 70% du produit intérieur brut (PIB) et une dette privée parmi les plus élevées de la zone euro, représente plus de deux fois celles de l'Irlande, du Portugal et de la Grèce combinées, ce qui exclut que ses partenaires la laisse sombrer.

ASSÈCHEMENT DU CRÉDIT   Suite...