L'économie espagnole menacée d'une "décennie perdue"

mardi 27 mars 2012 18h44
 

par Paul Day

MADRID (Reuters) - Régime maigre pour les ménages et les entreprises, coupes claires dans le budget de l'Etat et raréfaction du crédit bancaire pourraient se traduire pour l'Espagne par des années de stagnation économique, et la contraindre à demander, comme la Grèce, une aide internationale.

Contraint par l'Union européenne de réduire le déficit et de se plier aux nouveaux règles budgétaires, le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a promis que le projet de budget présenté vendredi serait "très, très austère".

Alors que l'économie espagnole est déjà au bord de sa deuxième récession en trois ans, que le chômage dépasse 22% et que les coûts des emprunts d'Etat remontent, certains économistes prédisent au pays une "décennie perdue" comme celle qu'a vécue le Japon dans les années 1990 et dont il ne s'est jamais vraiment remis.

D'autres, parmi lesquels le président du conseil italien, Mario Monti, jugent que l'Espagne pourrait entraîner l'ensemble de la zone euro dans une nouvelle crise grave.

"Nous avons signé un pacte suicidaire, en Europe, en acceptant que tout le monde fasse des économies", a déclaré Luis Garicano, économiste à la London School of Economics et directeur du cercle de réflexion espagnol Fedea. "L'Europe doit admettre que cela crée une spirale baissière qui ne rend service à personne."

L'économie espagnole, caractérisée par une dette publique de près de 70% du produit intérieur brut (PIB) et une dette privée parmi les plus élevées de la zone euro, représente plus de deux fois celles de l'Irlande, du Portugal et de la Grèce combinées, ce qui exclut que ses partenaires la laisse sombrer.

ASSÈCHEMENT DU CRÉDIT

Sur les marchés financiers, les coûts de financement de la dette espagnole ont certes reflué après avoir atteint l'an dernier leurs plus hauts niveaux depuis 14 ans, mais le regain d'inquiétude des dernières semaines s'est traduit par une remontée des écarts de rendement entre les obligations espagnoles et allemandes.   Suite...

 
<p>Demandeurs d'emploi devant une agence &agrave; Madrid. Alors que l'&eacute;conomie espagnole est d&eacute;j&agrave; au bord de sa deuxi&egrave;me r&eacute;cession en trois ans, que le ch&ocirc;mage d&eacute;passe 22% et que les co&ucirc;ts des emprunts d'Etat remontent, certains &eacute;conomistes pr&eacute;disent au pays une "d&eacute;cennie perdue" comme celle qu'a v&eacute;cue le Japon dans les ann&eacute;es 1990 et dont il ne s'est jamais vraiment remis. /Photo d'archives/REUTERS/Andrea Comas</p>