Le spectre de 2011 plane sur le rally des actifs risqués

jeudi 22 mars 2012 17h24
 

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Les actifs risqués (actions, dette privée et dette souveraine des pays fragiles de la zone euro) ont connu une remontée rapide et spectaculaire depuis le début de l'année, mais le souvenir des déconvenues de 2011 conduit les acteurs de marché à s'interroger sur la solidité et la pérennité de ce "rally".

Ces actifs, notamment les actions qui corrigent à la baisse depuis le début de cette semaine après des gains de plus de 10% cette année, sont à la croisée des chemins.

Favorisées par une combinaison de taux d'intérêt très bas et une surabondance de liquidités à la recherche de rendements plus élevés que ceux des emprunts d'Etat jugés sans risque, ces classes d'actifs sont pénalisées, en Europe surtout, par des fondamentaux économiques faibles.

Des professionnels interrogés estiment que l'action des banques centrales -, Fed, Banque d'Angleterre et notamment les deux opérations de refinancement à trois ans (LTRO) de la Banque centrale européenne (BCE) qui a prêté à 1% plus de 1.000 milliards d'euros aux banques de la zone euro - est à l'origine de cette embellie des marchés.

"Il y a une surabondance de liquidités, un excès de liquidités qui profite à tous les actifs, y compris les actifs sans risque, le Bund", observe Marie-Anne Allier, responsable de la gestion taux Aggregate chez Amundi.

Si les Bourses sont remontées et les taux des emprunts d'Etat de pays fragiles comme l'Italie ou l'Espagne se sont spectaculairement détendus, largement aidés par le LTRO et l'accord sur la faillite ordonnée de la Grèce, les taux des emprunts d'Etat sans risque n'en ont pas souffert pour autant.

L'effet liquidité a conduit nombre de sociétés de gestion, y compris les plus prudentes, à ajouter du risque dans leurs portefeuilles.

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