22 mars 2012 / 11:04 / il y a 5 ans

L'économie de la zone euro se dégrade en mars

<p>L'&eacute;conomie de la zone euro s'est d&eacute;grad&eacute;e contre toute attente en mars, plomb&eacute;e par un repli aussi marqu&eacute; qu'inattendu de l'activit&eacute; industrielle en France et en Allemagne. /Photo d'archives/Alex Domanski</p>

par Andy Bruce

LONDRES (Reuters) - L'économie de la zone euro s'est dégradée contre toute attente en mars, plombée par un repli aussi marqué qu'inattendu de l'activité industrielle en France et en Allemagne, montrent les résultats préliminaires des enquêtes Markit publiés jeudi.

Les indices PMI, calculés par Markit auprès des directeurs d'achats en Europe pour mesurer l'activité des entreprises sur le mois écoulé, sont si moroses qu'ils anéantissent tout espoir de voir la zone euro éviter une rechute en récession.

Ils signalent notamment que l'activité du secteur privé en France et en Allemagne, première et deuxième économies de la région, commence à son tour à décliner et que les suppressions d'emplois dans la zone euro s'accélèrent à leur rythme le plus marqué depuis mars 2010.

"L'économie de la zone euro s'est contractée à un rythme accéléré en mars, suggérant que la région est retombée en récession, la production ayant diminué aussi bien au cours du dernier trimestre 2011 qu'au premier trimestre 2012", a résumé Chris Williamson, chef économiste pour Markit.

L'indice PMI composite "flash" calculé par Markit pour la zone euro a reculé à 48,7 après 49,3 en février, s'enfonçant davantage sous le seuil de 50 qui sépare la croissance de la contraction. Les économistes l'attendaient à 49,7.

La zone euro s'achemine vers "une année très médiocre", a estimé Chris Williamson, notant que les enquêtes Markit signalaient une contraction d'environ 0,1% du produit intérieur brut (PIB) de la région au premier trimestre.

Après le repli de 0,3% du PIB enregistré au dernier trimestre 2011, la zone euro entrerait ainsi dans la définition technique de la récession.

Signe que le ralentissement économique n'épargne pas les partenaires commerciaux de l'Europe, l'activité manufacturière en Chine s'est également contractée en mars, pour le cinquième mois d'affilée. Le PMI "flash" calculé par la banque HSBC ressort à 48,1 contre 49,6 en février.

En fin de matinée, les Bourses européennes creusaient leurs pertes en digérant ces indicateurs. Vers 10h15 GMT, le CAC 40 parisien perdait 1,56%, le Dax allemand reculait de 1,36% et le FTSE britannique cédait 0,84%.

MOTEURS EN PANNE

Les indices de l'activité manufacturière publiés dans la matinée en Allemagne et en France sont ressortis plus mauvais encore que les prévisions les plus pessimistes des dizaines d'économistes interrogés par Reuters.

Avec ses deux principales économies en berne, la zone euro manque à présent cruellement de moteur, estime Chris Williamson, soulignant que de nombreux pays de la région sont déjà englués dans la récession.

"Les mesures d'austérité mises en oeuvre vont maintenir en récession certaines économies majeures telles l'Italie et l'Espagne, ce qui va nuire à la région dans son ensemble", prévient-il.

Les indices PMI publiés jeudi laissent penser qu'il pourrait falloir encore du temps avant que les quelque 1.000 milliards d'euros de liquidité à long terme bon marché injectés depuis décembre par la Banque centrale européenne (BCE) dans le système financier n'apportent un véritable soutien à l'économie réelle.

L'indice PMI manufacturier préliminaire de la zone euro est tombé à 47,7, contre 49,0 en février et 49,5 attendu. Le sous-indice de la production est quant à lui tombé en contraction, à 48,8 contre 50,3 le mois dernier.

"Nous allons voir les entreprises continuer de réduire leurs effectifs à des rythmes accrus dans les mois à venir, et la production va chuter à un rythme accéléré à moins que les commandes nouvelles rebondissent, ce que rien ne semble signaler pour le moment", a déclaré Chris Williamson.

La composante de l'emploi du PMI composite est tombée à son plus bas niveau en deux ans, à 49,0 contre 49,1 le mois dernier.

Le secteur tertiaire s'en sort légèrement mieux. L'indice PMI des services a seulement reculé de 48,8 à 48,7, mais il déçoit les anticipations des analystes qui l'attendaient à 49,2.

Avec Matthias Blamont, Natalie Huet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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