La brusque remontée des taux longs va-t-elle se poursuivre ?

vendredi 16 mars 2012 18h13
 

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - L'image idéale de marchés, toutes classes d'actifs confondues, risqués et non risquées, marchant d'un même pas vers l'embellie, a commencé à se brouiller cette semaine avec la brusque remontée des taux longs américains et, dans une moindre mesure, allemands.

La hausse des prix du pétrole, une économie américaine qui accumule les signes de reprise, l'endettement massif des Etats et une offre abondante de papier souverain ont suffi à propulser les taux des Treasuries américains à 10 ans à 2,32% vendredi contre 2,04% en début de semaine, et celui du Bund 10 ans, référence de la zone euro, à 2,06% contre 1,77% lundi - soit quelque 30 points de base de plus en quatre jours.

Ce mouvement va-t-il se poursuivre? Des professionnels sont d'accord pour dire qu'il risque de durer quelques semaines mais que les taux longs retrouveront, à terme, un niveau plus bas.

"Des banques centrales accommodantes, une abondance de liquidités dans les banques (grâce à la générosité des banques centrales) et dans les portefeuilles des investisseurs, le souvenir des reprises manquées (de 2009 et 2011), étaient autant de facteurs qui ont contribué à la résistance inhabituelle des Treasuries", souligne Vincent Chaigneau, responsable de la stratégie taux chez Société générale.

"Mais, l'accélération du rally des actions et l'analyse légèrement moins baissière de la Fed sur l'économie provoquent la correction", écrit-il dans sa note hebdomadaire.

Il reste toutefois prudent sur l'ampleur de la reprise économique.

"En Europe, les LTRO (opération de refinancement à long terme de la Banque centrale européenne, ndlr) ont apporté un bol d'oxygène mais elles ont accru la consanguinité entre les banques et les souverains et n'ont certainement pas réglé les problèmes budgétaires et de compétitivité (au coeur de la crise de la zone euro, ndlr)", explique-t-il.

"Il est bien trop tôt pour devenir fondamentalement baissier sur les obligations mais dans l'immédiat ce n'est pas non plus le moment d'acheter", dit-il.   Suite...

 
<p>L'image id&eacute;ale de march&eacute;s marchant d'un m&ecirc;me pas vers l'embellie, a commenc&eacute; &agrave; se brouiller cette semaine avec la brusque remont&eacute;e des taux longs am&eacute;ricains et, dans une moindre mesure, allemands. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic</p>