15 mars 2012 / 14:03 / dans 6 ans

La Chine suspend l'achat de 10 Airbus A330 supplémentaires

<p>Selon deux sources proches du dossier, la Chine a suspendu l'achat de 10 Airbus A330 suppl&eacute;mentaires, ce qui constitue une nouvelle escalade dans le diff&eacute;rend entre P&eacute;kin et l'Union europ&eacute;enne au sujet d'une nouvelle taxe carbone europ&eacute;enne. /Photo d'archives/REUTERS/Vivek Prakash</p>

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - La Chine a suspendu l‘achat de 10 Airbus A330 supplémentaires, ce qui constitue une nouvelle escalade dans le différend entre Pékin et l‘Union européenne au sujet d‘une nouvelle taxe carbone sur le secteur aérien, ont déclaré jeudi deux sources proches du dossier.

Ce nouveau report d‘achat d‘appareils porte à 14 milliards de dollars (10,68 milliards d‘euros) la valeur des avions concernés par les tensions commerciales entre Bruxelles et la Chine.

Pékin a ordonné aux compagnies aériennes du pays de ne pas prendre part au programme européen, entré en vigueur en janvier, qui impose des taxes sur les émissions de gaz à effet de serre des vols en provenance ou à destination d‘Europe.

Plus tôt cette semaine, Airbus avait dit que le Chine avait suspendu une commande de 35 long-courriers A330 et 10 très gros porteurs A380 représentant un montant total de 12 milliards de dollars.

Airbus n‘a pas désigné les compagnies aériennes impliquées, mais d‘après des sources industrielles, les A380 étaient destinés à Hong Kong Airlines, détenue à 46% par HNA Group, maison-mère de Hainan Airlines.

Au total, le différend a bloqué la commande de 55 appareils, ce qui représente environ 10% de la flotte livrée à ce jour à la Chine par Airbus, qui contrôle 47% du marché chinois.

Alors que l‘achat des A380 constitue une commande ferme, qui a fait l‘objet d‘un dépôt de garantie, les commandes d‘A330 sont toujours en cours, c‘est-à-dire encore en négociation ou nécessitant le feu vert officiel du gouvernement chinois.

Les responsables d‘Airbus, de compagnies aériennes et de motoristes européens ont écrit en début de semaine aux dirigeants politiques du Vieux Continent pour les enjoindre de résoudre la querelle provoquée par l‘introduction de cette taxe carbone.

D‘après des sources industrielles, les espoirs se cristallisent à présent sur un possible compromis qui donnerait à l‘Organisation de l‘aviation civile internationale (OACI), une entité des Nations unies, le temps de négocier une autre solution applicable au niveau mondial.

L‘un des scénarios avancés voudrait que l‘UE suspende la mise en oeuvre de sa taxe carbone pour permettre l‘ouverture des discussions au niveau international - ce qu‘elle s‘est jusqu’à présent refusée à faire, redoutant que cela ne fasse que retarder l‘action contre le changement climatique.

La Commission européenne n’était pas joignable pour commenter cette hypothèse.

Benoit Van Overstraeten et Natalie Huet pour le service français

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