March 13, 2012 / 9:30 AM / 5 years ago

Feu vert de l'Eurogroupe à l'aide à Athènes

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Fran&ccedil;ois Baroin et le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos &agrave; Bruxelles. L'Eurogroupe a avalis&eacute; lundi soir le deuxi&egrave;me plan d'aide &agrave; la Gr&egrave;ce pour mieux passer au dossier chaud suivant, l'Espagne, dont il a exig&eacute; un objectif de d&eacute;ficit plus serr&eacute; cette ann&eacute;e pour que son budget revienne dans les clous en 2013./Photo prise le 12 mars 2012/Yves Herman</p>

par John O'Donnell et Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont avalisé lundi soir le deuxième plan d'aide à la Grèce pour mieux passer au dossier chaud suivant, l'Espagne, dont ils ont exigé un objectif de déficit plus serré cette année pour que son budget revienne dans les clous en 2013.

La réussite de l'échange d'obligations proposé par Athènes à ses créanciers privés, qui permet de réduire la dette publique grecque de plus de 100 milliards d'euros, a ouvert la voie au versement des aides prévues par l'Union et le Fonds monétaire international (FMI), évitant ainsi un défaut désordonné du pays.

La formalisation de cet accord de principe devrait se faire mercredi matin, lors d'une réunion technique de la zone euro, a déclaré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker.

"Comme prévu, un nouveau financement officiel de 130 milliards d'euros va être engagé par la zone euro et le FMI pour la période 2012-2014", a-t-il dit en conférence de presse.

Grâce au fort taux de participation du secteur privé (PSI) à l'échange de dette, le niveau d'endettement grec devrait être ramené à 117% du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2020, contre 160% auparavant. L'objectif initial était un ratio dette/PIB de 120%.

Mais si le front grec connaît enfin une accalmie, le répit des responsables européens a été de courte durée: l'Espagne leur a lancé un nouveau défi en annonçant successivement que l'objectif de déficit 2011 avait été largement dépassé et que celui de cette année le serait également (voir ).

Quatrième économie de la zone euro, l'Espagne a vu son déficit dépasser 8% de son PIB l'an dernier. Et pour 2012, après un accord avec Bruxelles pour contenir le déficit à 4,4%, elle a annoncé que celui-ci atteindrait 5,8%. Le gouvernement Rajoy a néanmoins promis qu'il atteindrait bien 3% de déficit l'année prochaine.

"DÉTERMINATION ABSOLUE"

Dans un communiqué, l'Eurogroupe déclare que l'Espagne devrait s'engager sur un objectif de déficit abaissé à 5,3% pour 2012 et se conformer à la trajectoire d'un retour sous 3% en 2013.

"Le gouvernement espagnol s'est dit prêt à envisager cela dans la suite du processus budgétaire", peut-on lire.

"Il sera de la responsabilité des autorités espagnoles de choisir les initiatives qui devront être prises pour réduire le déficit budgétaire en 2012, le plus important est l'objectif pour 2013", a dit de son côté Jean-Claude Juncker.

"Ce qui est moins important, bien que tout de même important, ce sont les chemins empruntés en 2012."

De son côté, Madrid a dit vouloir que le niveau élevé du déficit actuel et le ralentissement de la croissance soient pris en compte pour déterminer l'objectif 2012.

"La position de l'Espagne est que deux choses ont changé. La première, c'est qu'il y a eu l'an dernier une déviation de 2,5 points de pourcentage sur le déficit public et la seconde, c'est que les circonstances en terme de croissance économique ont changé significativement", a souligné le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos.

"La détermination de l'Espagne à respecter les règles budgétaires (de l'Union) est absolue", a-t-il toutefois rappelé.

AUSTÉRITÉ CONTRE-PRODUCTIVE ?

Après une croissance de 0,7% en 2011, la Commission européenne prévoit une contraction de 1% de l'économie espagnole cette année alors qu'elle attendait initialement une hausse de 0,7%.

Les nouvelles dispositions du Pacte de stabilité et de croissance entrées en vigueur en décembre prévoient des amendes pour les pays qui, comme l'Espagne, dépassent déjà la limite de 3% du PIB et n'atteignent pas leurs objectifs de réduction du déficit.

Du côté des bons élèves, la Belgique a annoncé dimanche de nouvelles mesures d'austérité d'un montant global de 1,82 milliard d'euros afin de maintenir son déficit dans les limites fixées. Et le Portugal, lui aussi en grande difficulté, a réaffirmé ses objectifs.

Aux yeux des économistes, une cure d'austérité trop drastique pourrait se révéler contre-productive pour l'économie espagnole, plombée par un taux de chômage à 23%, le plus haut de la zone euro.

"Etant donné la situation encore relativement favorable de l'endettement espagnol (autour de 60% du PIB, NDLR), nous pensons qu'une compression budgétaire intensive ne devrait pas être la principale priorité du gouvernement", juge Gilles Moec, économiste de Deutsche Bank.

"Nous pensons qu'il pourrait être peu judicieux d'anticiper l'ajustement budgétaire dans les circonstances actuelles (...) Attendre que la reprise prenne de l'ampleur en 2013 pourrait au final s'avérer plus bénéfique pour l'état des finances publiques espagnoles."

Marc Angrand et Jean Décotte pour le service français, édité par Pierre Sérisier

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below