L'aide pour la Grèce risque de n'être qu'un bref répit

lundi 12 mars 2012 08h39
 

par Ingrid Melander

ATHENES (Reuters) - La plus grande restructuration de dette jamais entreprise risque de ne représenter qu'un bref répit pour une Grèce, pays en situation de récession, qui doit supporter de surcroît l'incertitude d'un prochain scrutin.

La Grèce a écarté vendredi le risque d'un défaut imminent, grâce à la forte participation de ses créanciers privés à l'échange d'obligations qui permettra au pays de réduire son endettement d'un centaine de milliards d'euros et de bénéficier d'un deuxième plan d'aide international d'un montant de 130 milliards d'euros.

"Cet échange ne règle en rien la situation de la Grèce", estime Holger Schmieding, économiste chez Berenberg Bank. "Evidemment, sans lui, la Grèce serait au fond du trou mais son problème c'est le retour à la croissance; sans cela, aucune charge de la dette n'est gérable".

On estime que le produit intérieur brut (PIB) grec s'est contracté de 15% environ depuis 2008. Plus d'un emploi sur dix a disparu et plus de la moitié des jeunes sont sans emploi.

Les nouvelles mesures d'austérité convenues en échange d'une nouvelle aide internationale, comme réduire de 20% le salaire minimum, risquent de plonger le pays un peu plus dans la récession. Il serait alors impossible pour le gouvernement d'atteindre les objectifs budgétaires fixés par les bailleurs de fonds internationaux en échange de leur aide.

"Le risque est grand que plus d'austérité ne mette le pays à genoux", dit Diego Iscaro (ISH Gloal Insight), jugeant que la situation sociale pourrait devenir "explosive" si le chômage continue d'augmenter dans un pays qui connaît presque quotidiennement des manifestations anti-austérité.

Austérité et retards apportés à la réforme de l'Etat ont rendu la récession plus profonde que ne le prévoyaient l'Union européenne et le Fonds monétaire international depuis 2010.

Athènes a de plus systématiquement raté ses objectifs budgétaires et n'a cessé de rétrograder pour ne plus occuper que le 90e rang sur les 142 pays figurant dans l'indice de compétitivité du Forum économique mondial.   Suite...

 
<p>Selon des analystes, la plus grande restructuration de dette jamais entreprise risque de ne repr&eacute;senter qu'un bref r&eacute;pit pour une Gr&egrave;ce, pays en situation de r&eacute;cession, qui doit supporter de surcro&icirc;t l'incertitude d'un prochain scrutin. /Photo prise le 20 janvier 2012/REUTERS/Yannis Behrakis</p>