Les Européens entre optimisme et prudence sur la crise

vendredi 2 mars 2012 16h07
 

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Un certain vent d'optimisme a soufflé jeudi et vendredi sur le sommet européen de Bruxelles au cours duquel les dirigeants de l'Union européenne ont jugé avoir fait le plus dur pour mettre la crise de la dette sous cloche, même si d'importants risques subsistent.

Depuis l'éclatement de la crise de la dette en janvier 2010, les Vingt-Sept se sont entendus sur de nouvelles règles de surveillance et de coordination budgétaire beaucoup plus strictes, ont signé un nouveau traité afin de refonder la zone euro et ont créé de puissants mécanismes de soutien aux pays en difficulté financière.

Pour la première fois en plus de deux ans, le sommet ne s'est pas transformé en énième réunion de crise et a permis aux chefs d'Etat et de gouvernement de regarder vers l'avenir en discutant - même si cela reste encore très frileux - des politiques de croissance au sein du bloc communautaire.

"C'est un immense soulagement que celui de voir les sommets européens ne plus être consacrés à la crise financière et c'est un immense soulagement que de voir que la crise financière ne fait plus l'actualité comme elle le faisait matin, midi et soir, parce que nous sommes en train de tourner la page de cette crise financière", a déclaré Nicolas Sarkozy après le sommet.

"Maintenant il nous faut mettre toutes nos forces sur la résorption de la crise économique", a-t-il ajouté, exprimant un sentiment largement partagé par ses collègues.

La chancelière Angela Merkel, tout en reconnaissant les progrès enregistrés, s'est toutefois voulue beaucoup plus prudente et a prévenu que les prochains mois seraient décisifs.

"Nous voyons, avec les opérations de la Banque centrale européenne, que nous ne sommes pas dans une situation normale. Nous sommes toujours dans une situation fragile. Cette situation est un peu plus calme mais la crise est tout sauf réglée", a-t-elle dit à la presse.

La BCE a prêté mercredi près de 530 milliards d'euros à trois aux banques de la zone euro, portant à plus de 1.000 milliards les liquidités injectées pour apaiser les tensions sur les marchés interbancaires et prévenir un assèchement du crédit aux entreprises et aux ménages.   Suite...

 
<p>La chanceli&egrave;re allemande Angela Merkel, le pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;en Jos&eacute; Manuel Barroso et le pr&eacute;sident du Conseil italien Mario Monti s'entretiennent lors du sommet europ&eacute;en de Bruxelles. Un certain vent d'optimisme a souffl&eacute; sur ce rendez-vous au cours duquel les dirigeants de l'UE ont jug&eacute; avoir fait le plus dur pour mettre la crise de la dette sous cloche, m&ecirc;me si d'importants risques subsistent. /Photo prise le 2 mars 2012/REUTERS/Sebastien Pirlet</p>