28 février 2012 / 13:12 / dans 6 ans

Probable sursis pour le PDG de Veolia jusqu'à la présidentielle

<p>Antoine Fr&eacute;rot pourrait rester &agrave; la t&ecirc;te de Veolia Environnement jusqu'&agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle mais la perte de confiance d'une partie des actionnaires de la soci&eacute;t&eacute; risque d'entra&icirc;ner son &eacute;viction &agrave; plus long terme, estiment des analystes interrog&eacute;s par Reuters. /Photo d'archives/REUTERS/Beno&icirc;t Tessier</p>

par Benjamin Mallet et Caroline Jacobs

PARIS (Reuters) - Antoine Frérot pourrait rester à la tête de Veolia Environnement jusqu’à l’élection présidentielle mais la perte de confiance d‘une partie des actionnaires de la société risque d‘entraîner son éviction à plus long terme, estiment des analystes interrogés par Reuters.

La presse a révélé la semaine dernière que plusieurs administrateurs de Veolia, dont Henri Proglio, ancien patron du groupe, actuellement PDG d‘EDF, s‘apprêtaient à demander la démission d‘Antoine Frérot de son poste de PDG lors d‘un conseil programmé mercredi, une information confirmée à Reuters de sources proches du dossier.

Mais l‘hypothèse d‘une nomination de l‘ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo avec le soutien de l‘Elysée, bien que démentie, a suscité une polémique telle que le conseil de Veolia pourrait se contenter d‘examiner les résultats 2011 qui seront publiés jeudi, et reporter un éventuel limogeage d‘Antoine Frérot.

“Je pense qu‘il ne se passera rien mercredi car cette histoire a fait trop de bruit. Rien ne se fera avant la présidentielle”, pronostique John Honoré, analyste à la Société générale.

Un haut responsable du groupe, spécialisé dans la gestion de l‘eau et des déchets, assure pour sa part que “pas mal d‘administrateurs sont très soucieux de l‘intérêt à court terme de l‘entreprise et sentent bien qu‘il y a une déstabilisation qui n‘est pas bonne pour les clients et la communauté financière”.

“Je suis assez confiant dans le fait que le conseil va revenir au principe de réalité. Beaucoup savent déjà que Veolia est dans une passe compliquée et que tout doit être fait pour qu‘elle la négocie au mieux.”

“RUPTURE TRÈS FORTE”

Antoine Frérot, nommé fin 2009 au poste de directeur général de Veolia en remplacement d‘Henri Proglio et qui a ajouté les fonctions de président à ses prérogatives un an plus tard, a connu une année 2011 agitée au terme de laquelle il a annoncé un plan stratégique passant par la vente des activités dans les transports, Veolia abandonnant ainsi l‘un de ses quatre métiers pour se désendetter.

Auparavant, Veolia avait dû renoncer aux perspectives à moyen terme dévoilées en mars, et abaisser à deux reprises en trois mois son objectif de performance opérationnelle 2011 en mettant en avant les incertitudes liées à la crise financière.

“Sans l’élection présidentielle, Frérot aurait déjà été écarté”, estime un analyste basé à Londres. “Le président Nicolas Sarkozy ne veut pas avoir à porter ça pendant sa campagne.”

Un autre conseil d‘administration, prévu le 15 mars, devra se pencher sur les questions de gouvernance et se prononcer sur le renouvellement du mandat de quatre des 17 administrateurs du groupe, ce qui pourrait relancer les spéculations autour du sort d‘Antoine Frérot.

“On peut toujours accélérer le rythme, quelqu‘un peut à tout moment se dresser au conseil et demander la révocation du président”, souligne la source interne à Veolia.

“Le plan stratégique a pu être pris comme une rupture très forte. Est-ce que c‘est ce qui a provoqué, entre Henri Proglio et Antoine Frérot, ce que les gens veulent décrire comme une crise d‘hommes ? Peut-être”, ajoute cette source.

Cette “rupture”, qui s‘est également traduite par près de 800 millions d‘euros de dépréciations d‘actifs de sociétés acquises sous la présidence d‘Henri Proglio, doit cependant être relativisée, estiment des analystes.

“Tout mettre sur le compte de l‘héritage peut se justifier quand le nouveau patron solde cet héritage dans les douze premiers mois suivant son arrivée. Mais là, ils ont mis un an et demi à s‘apercevoir qu‘il y avait un souci”, souligne l‘un d‘entre eux, basé à Paris.

“DIEU, LA CORDE, OU L‘ANCIEN PRÉSIDENT”

“Le Qatar, la CDC, Groupama et Dassault ont vu leur mise fondre de 60% en 2011. Le jour de l‘annonce du plan stratégique, l‘action a baissé alors que tout le monde s‘attendait à ce qu‘elle remonte. Vers qui se tourne-t-on dans ce cas ? Dieu, la corde, ou l‘ancien président... Mécaniquement, ils ont fait appel à Proglio.”

Plusieurs sources proches du dossier estiment en outre que le choix de vendre la participation du groupe dans Veolia Transdev, neuf mois seulement après la création formelle du nouvel ensemble, a envenimé les relations avec la CDC, coactionnaire de la société à 50% et détenteur de 9,5% de Veolia.

D‘autant que l‘opération semble aujourd‘hui mal engagée dans la mesure où les conditions posées par l‘institution publique et son droit de veto sur l‘identité des acheteurs restreignent de fait les marges de manoeuvre de Veolia.

En termes de résultats, l‘exercice 2011 s‘annonce également difficile à assumer pour l‘actuel PDG. John Honoré prévoit ainsi une perte annuelle de 229 millions d‘euros incluant une dépréciation de 300 millions de la valeur de la participation dans Veolia Transdev.

Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, Veolia devrait en outre afficher une dette nette de 14,8 milliards d‘euros à fin 2011. Le groupe, dont la note de crédit a été abaissée par Moody’s début février, vise un chiffre inférieur à 12 milliards à fin 2013.

Edité par Dominique Rodriguez

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