Les BRICS attaquent le pré carré américain à la Banque mondiale

dimanche 26 février 2012 16h54
 

par Lesley Wroughton

MEXICO (Reuters) - Les principales puissances émergentes de la planète ont publiquement rejeté dimanche le principe selon lequel la présidence de la Banque mondiale revient de facto à une personnalité américaine et ont dit songer à présenter leur propre candidature lorsque le mandat de Robert Zoellick arrivera à échéance.

Les ministres des Finances de l'ensemble BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se sont réunis ce week-end en marge du sommet du G20 organisé à Mexico et sont arrivés à la conclusion selon laquelle la présidence de la Banque mondiale, que Robert Zoellick quittera en juin, doit être ouverte à tous les pays.

"Les candidatures devraient être fondées sur le mérite et non pas sur la nationalité", a déclaré à des journalistes le ministre brésilien des Finances Guido Mantega.

Un autre responsable d'un pays membre de l'ensemble BRICS a déclaré qu'une réflexion serait engagée sur la pertinence d'une candidature commune en concurrence de celle qui sera proposée par les Etats-Unis. "C'est certainement une discussion que nous aurons", a-t-il dit.

Une règle tacite qui remonte à la fin de la seconde guerre mondiale veut que les Etats-Unis occupent la présidence de la Banque mondiale tandis que celle du Fonds monétaire international revient à un Européen.

La question du maintien de cette règle s'est déjà posée lors du remplacement de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, alors que les puissances émergentes prennent une place de plus importante dans l'économie mondiale. La direction générale est finalement revenue à la Française Christine Lagarde.

"L'heure est venue de rompre avec les anciennes traditions voulant que les Etats-Unis et l'Union européennes se partagent les deux sièges et nous devons cette fois faire davantage d'efforts pour parvenir à un consensus", a déclaré le ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan.

Robert Zoellick a prévenu en février qu'il ne solliciterait pas un deuxième mandat de cinq ans. Les pays ont jusqu'au 23 mars pour proposer leurs candidats à sa succession.   Suite...

 
<p>Le ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan, lors d'une r&eacute;union des ministres des Finances et des banquiers centraux des pays du G20, samedi &agrave; Mexico. Les principales puissances &eacute;mergentes de la plan&egrave;te -surnomm&eacute;s BRICS (Br&eacute;sil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud)- ont publiquement rejet&eacute; dimanche le principe selon lequel la pr&eacute;sidence de la Banque mondiale revient de facto &agrave; une personnalit&eacute; am&eacute;ricaine et ont dit songer &agrave; pr&eacute;senter leur propre candidature lorsque le mandat de Robert Zoellick arrivera &agrave; &eacute;ch&eacute;ance. /Photo prise le 25 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Edgard Garrido</p>