En perte historique, Dexia interpelle l'UE sur son sauvetage

jeudi 23 février 2012 09h07
 

par Julien Ponthus et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Dexia a interpellé jeudi la Commission européenne et prévenu que sa survie dépendait de l'approbation par Bruxelles de son plan de sauvetage et de l'octroi d'une garantie de 90 milliards d'euros de la France et de la Belgique à un coût non prohibitif.

Dexia vient d'annoncer une perte annuelle de 11,6 milliards d'euros, l'une des pires performances financières jamais enregistrées en France et qui s'explique par le coût du démantèlement de la banque franco-belge, lessivée par la crise de la zone euro.

La banque a prévenu dans un communiqué que l'absence d'un soutien adéquat des pouvoirs publics "pourrait avoir un impact sur la situation de continuité d'exploitation de Dexia et engendrer des tensions sur la situation de liquidité et de solvabilité du groupe".

Dexia a ajouté qu'il était essentiel que la rémunération des garanties soit suffisamment faible pour qu'elle puisse réaliser un résultat positif et renforcer ses fonds propres.

La perte enregistrée en 2011 correspond à plus de 19 fois la capitalisation boursière de la banque, qui ne vaut plus qu'un peu moins de 600 millions d'euros à la suite de l'effondrement de 88% de son cours de Bourse en 2011.

Dexia a logiquement indiqué qu'elle ne proposerait pas de dividendes à ses actionnaires au titre de cette année.

Les pertes abyssales de Dexia proviennent à la fois des dépréciations enregistrées lors de la nationalisation de Dexia Banque Belgique (4 milliards) et de la nationalisation partielle de Dexia Municipal Agency (984 millions), de la liquidation progressive de son gigantesque portefeuille obligataire (2,6 milliards) et enfin de son exposition à la dette grecque (3,4 milliards).

Ces grandes manoeuvres auront néanmoins permis au groupe de réduire son bilan de 154 milliards d'euros, pour le ramener à 413 milliards d'euros.   Suite...

 
<p>Dexia a enregistr&eacute; une perte annuelle de 11,6 milliards d'euros, l'une des pires performances financi&egrave;res jamais enregistr&eacute;es en France et qui s'explique par le co&ucirc;t du d&eacute;mant&egrave;lement de la banque franco-belge, lessiv&eacute;e par la crise de la zone euro. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge</p>