21 février 2012 / 14:58 / dans 6 ans

La compagnie aérienne indienne Kingfisher ploie sous ses dettes

<p>La compagnie a&eacute;rienne indienne Kingfisher Airlines semble sur le point de s'effondrer sous le poids de ses dettes, les annulations de vols s'&eacute;tant multipli&eacute;es depuis pr&egrave;s d'une semaine et les d&eacute;missions de pilotes s'accumulant par dizaines. /Photo prise le 21 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Parivartan Sharma</p>

NEW DELHI (Reuters) - La compagnie aérienne indienne Kingfisher Airlines semblait mardi sur le point de s‘effondrer sous le poids de ses dettes, les annulations de vols s’étant multipliées depuis près d‘une semaine et les démissions de pilotes s‘accumulant par dizaines.

Vijay Mallya, le magnat des alcools qui contrôle la compagnie aérienne et lui a donné le même nom que sa célèbre marque de bière indienne, s‘est dit déterminé à sauver Kingfisher, imputant ses difficultés de financement au gel de ses comptes bancaires par le fisc.

Il n‘existe en Inde aucune disposition légale imposant aux sociétés de se déclarer en faillite. Kingfisher, un client d‘Airbus, pourrait donc baisser le rideau du jour au lendemain, faute de financements, préviennent les analystes.

“S‘ils ne trouvent pas de capitaux frais, évidemment ils sont condamnés. Ils n‘ont l‘argent ni pour la maintenance, ni pour les salaires, ni pour quoi que ce soit d‘autre”, a dit à Reuters Sharan Lillaney, analyste spécialisée dans l‘aviation pour Angel Broking.

L‘action Kingfisher a plongé de près de 20% mardi, jour où la compagnie était convoquée par la direction indienne de l‘aviation civile pour s‘expliquer sur l‘annulation de plus de 100 de ses vols au cours des quatre derniers jours.

A l‘issue de la réunion, le régulateur indien a dit avoir obtenu de Kingfisher des garanties de financement bancaire et l‘action a effacé la totalité de ses pertes.

Kingfisher, qui était encore l‘an dernier la deuxième compagnie aérienne indienne, n‘a dégagé aucun bénéfice depuis son lancement en 2005, pâtissant de l‘envolée des prix du carburant et de la concurrence féroce des compagnies low-cost.

Sur un marché indien pourtant en forte croissance, de près de 20% en 2011, le chiffre d‘affaires de Kingfisher recule depuis fin 2011.

Le groupe accuse une dette de 1,3 milliard de dollars (984 millions d‘euros), et, faute de liquidités, il ne verse plus les salaires de ses employés et accumule les impayés fiscaux, ajoutant, selon Kotak Institutional Equities, 477 millions de dollars à sa dette.

L‘action Kingfisher a plongé de près de 60% depuis janvier 2011, faisant fondre la valeur boursière du groupe à 269 millions de dollars.

Des informations de presse portent à 300 le nombre de pilotes qui ont démissionné depuis septembre dernier. Le journal Mint, qui cite un responsable gouvernemental, rapporte par ailleurs que Kingfisher va restituer deux Airbus A320 à des sociétés de crédit-bail aéronautique en raison de défauts de paiement.

D‘après les dernières données d‘Airbus, les commandes en cours de Kingfisher portent sur 32 monocouloirs de la famille A320, 20 appareils A330, cinq long-courriers A350 et cinq très gros porteurs A380.

Sanjeev Choudhary et Anurag Kotoky; avec Cyril Altmeyer à Paris, Natalie Huet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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